La jeunesse afghane se grise de vitesse

Un jeune Afghan fait la course avec les enfants de la première école afghane de skateboard, appelée «Skateistan».
Photo: Agence Reuters Un jeune Afghan fait la course avec les enfants de la première école afghane de skateboard, appelée «Skateistan».

Bannie par les talibans, la planche à roulettes fait son nid à KaboulKaboul — Scène insolite hier dans les rues de Kaboul, d'où jusqu'à la chute des talibans en 2001 le mode de vie occidental était banni: des dizaines de garçons et de filles circulant en planche à roulettes, escortés par un fourgon de policiers.

Sirène hurlante, les policiers dégagaient la voie, appelant par haut-parleur les automobilistes à s'écarter pour laisser passer les enfants de la première école afghane de skateboard, appelée «Skateistan».

Vêtus de t-shirts blancs frappés du logo «Skateistan», les gamins sont allés du stade national — là où naguère les talibans procédaient aux exécutions publiques — vers un autre quartier de la ville, à l'occasion de la journée internationale de la planche à roulettes.

«C'est plus que du simple skateboard», a expliqué Oliver Percovich, Australien qui a cofondé l'école en 2007 avec seulement trois planches à roulettes et a assisté depuis lors à son développement, notamment grâce aux 650 000 dollars de dons venant de pays occidentaux.

«C'est un moyen d'entrer en contact avec les jeunes d'Afghanistan. Trois enfants en sont les futurs chefs [de l'école] et nous espérons que, grâce au "skate", l'école apportera un bon terrain d'entraînement à la fois aux riches et aux pauvres», a-t-il dit.

Cette semaine, l'école doit poser la première pierre de ce qui sera la plus grande salle sportive du pays, d'une superficie de 1800 m. Les enfants disposeront d'une aire réservée à leur sport favori, et lorsqu'ils ne seront pas sur leur planche à roulettes, ils pourront assister à des cours dans deux salles de classe climatisées, équipées d'ordinateurs.