Pakistan - Des milliers de civils fuient la vallée de Swat pour éviter la violence

Cette famille attendait hier l’autobus pour quitter Mingora.
Photo: Agence France-Presse (photo) Cette famille attendait hier l’autobus pour quitter Mingora.

Des milliers de personnes fuyaient hier la région de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan, les autorités s'apprêtant à en recueillir un demi-million, sur fond de heurts entre l'armée et les talibans.

Le pacte conclu en février dernier dans la région entre les extrémistes islamistes et le gouvernement, prévoyant une trêve en échange de l'instauration de la charia, est sur le point de s'effondrer alors qu'Islamabad est pressé par les États-Unis d'agir contre les militants plutôt que de chercher l'apaisement. Le président Barack Obama recevra aujourd'hui dans un mini-sommet de crise ses homologues pakistanais et afghan, Asif Ali Zardari et Hamid Karzaï.

«Beaucoup d'habitants» ont fui en catastrophe avec leurs effets personnels de quatre zones proches de Mingora, chef-lieu du district de Swat, ont raconté des gens restés. L'armée contrôle théoriquement la ville, mais les islamistes se sont infiltrés dans plusieurs quartiers et ont commencé à attaquer les forces de sécurité et les installations publiques, a déclaré le plus haut représentant du gouvernement dans la vallée, Khushal Khan Khattak.

«Nous avons assoupli le couvre-feu aujourd'hui et demandé aux habitants de quitter leurs secteurs, car les forces de sécurité pourraient affronter les activistes et nous voulons éviter des pertes parmi les civils», a-t-il ajouté.

Hommes aux vêtements maculés de boue, femmes en burkas et enfants entassés dans des pick-up sont partis à la hâte de Mingora, ville située dans une région naguère fréquentée par le skieurs et désormais dévastée après deux années d'insurrection des talibans.

Dans des camps

«En liaison avec la situation à Swat, au moins 500 000 personnes peuvent [être contraintes de] migrer hors de cette région. Des camps sont installés pour elles», a déclaré Mian Iftikhar Hussain, le ministre de l'Information de la province de la frontière du Nord-Ouest, dont Peshawar est la grande ville, non loin des zones de combat.

À Mingora, une ville d'environ 175 000 habitants, les talibans ont encerclé une base paramilitaire, pris le contrôle de bâtiments et patrouillent dans les rues, racontent des témoins. Un officier n'a pas exclu une intervention pour sauver les 46 membres des forces paramilitaires qui sont selon lui assiégés dans la base.

Après avoir fait régner pendant presque deux ans la terreur dans cette vallée de Swat, les talibans avaient négocié avec le gouvernement, à la mi-février, un accord de cessez-le-feu en échange de l'instauration de tribunaux islamiques à Swat et dans six districts voisins. Mais ces combattants ont, depuis, refusé de déposer les armes et profité de ce cessez-le-feu pour progresser au-delà de Swat, jusqu'à une centaine de kilomètres d'Islamabad.

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