Poursuite des combats au Pakistan

L’armée pakistanaise a tué 16 talibans près de la frontière samedi.
Photo: Agence Reuters L’armée pakistanaise a tué 16 talibans près de la frontière samedi.

Islamabad — Les combats se poursuivaient hier dans la vallée de Buner entre l'armée pakistanaise et les talibans, qui menacent de rompre l'accord «paix-contre-charia» conclu il y a près de trois mois avec Islamabad.

Des talibans armés patrouillaient hier dans les villes de la vallée de Swat défiant le couvre-feu de l'armée qui a déclenché il y a huit jours une offensive pour leur reprendre des districts voisins, ont raconté des habitants.

La contre-attaque des militaires aux portes de Swat et le retour des talibans dans les rues de ce district laissent penser que l'accord de paix signé mi-février avec le gouvernement aura bientôt fait long feu.

Appuyées par l'artillerie et des hélicoptères de combat, les forces de sécurité ont attaqué hier les activistes dans trois hameaux, ont rapporté les habitants. Sept combattants insurgés, dont un commandant, ont été tués, selon un porte-parole militaire qui a fait aussi état de la mort d'un militaire.

L'armée a également affirmé que les activistes utilisaient quelque 2000 villageois comme boucliers humains. Elle assure faire preuve du maximum de retenue afin d'honorer son pacte signé avec les talibans en dépit de plusieurs attaques signées par ces derniers.

Le district de Buner n'est situé qu'à une centaine de km de la capitale, au sud-est de la vallée de Swat où les autorités ont, en février, cédé à la requête des taliban d'imposer la loi islamique en échange d'un cessez-le-feu. S'ils ont cessé les combats, les radicaux islamistes ont refusé de déposer leurs armes et entrepris de s'implanter dans les districts voisins de Lower Dir, Buner et Shangla.

Samedi, le gouvernement provincial, qui avait déjà mis en place en avril les tribunaux islamiques conformément à l'accord de Swat, avait annoncé l'installation d'une cour islamique d'appel pour les sept districts de la région de Malakand, qui comprend notamment Swat, Buner et Lower Dir, à la demande encore des combattants islamistes.

Mais Muslim Khan, porte-parole des talibans, a rejeté cette institution, estimant qu'ils n'avaient pas été consultés sur sa composition tandis que l'armée a repris les combats.

Jadis une destination touristique prisée, la vallée de Swat a été le théâtre d'une première vague d'insurrection islamiste dans les années 1990, sous la conduite du religieux radical Sufi Mohammad, qui voulait y imposer la charia. Arrêté en 2001 à son retour au Pakistan après avoir mené des milliers d'hommes combattre en Afghanistan aux côtés des talibans, il a été relâché en 2008, le gouvernement tentant par cette concession de mettre fin à un autre soulèvement conduit par son gendre Maulana Fazlullah. Sufi Mohammad fait aujourd'hui office d'intermédiaire entre ce dernier et les autorités.

À voir en vidéo