L'OTAN prévoit un été «sanglant» en Afghanistan

Ottawa — Les 2750 soldats canadiens — dont 1650 militaires québécois — en poste à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, connaîtront un été «sanglant», possiblement le plus violent depuis le début de la guerre, en 2001.

C'est ce qu'a affirmé hier le brigadier David Hook, commandant adjoint des forces de l'OTAN dans le sud de l'Afghanistan. Le commandement sud de la force internationale regroupe plusieurs provinces, notamment Kandahar, Helmand et Urzugan. «Il y aura beaucoup de combats cet été et quand il y a des batailles, il y a des pertes. Ce sera un été sanglant», a soutenu ce militaire britannique en poste en Afghanistan.

L'arrivée de 17 000 soldats américains dans le sud du pays y sera pour quelque chose, explique le brigadier David Hook. L'augmentation des troupes sur le terrain permettra à l'OTAN de se rendre dans des zones actuellement aux mains des talibans, ce qui provoquera des combats.

Depuis le début de l'année 2009, les attentats sont en hausse de 73 % comparativement à la même période en 2008, selon les chiffres de l'OTAN.

Sur les 17 000 nouveaux soldats américains, environ la moitié sera envoyée à Kandahar et l'autre moitié, à Helmand, avec les Britanniques. Selon le brigadier Hook, la saison d'été, qui est aussi la saison des violences en Afghanistan, permettra des avancées importantes. «À la fin de l'été, les forces internationales seront en mesure d'assurer un certain degré de sécurité à 90 % de la population dans le sud, alors que le niveau est à 60 % actuellement», dit-il.

Selon le haut gradé britannique, il s'agit d'une saison «cruciale», non seulement en raison de l'élection présidentielle, mais aussi parce que l'OTAN doit rassurer les Afghans sur la présence étrangère. «On est au point où il faut créer de l'espace sécuritaire pour permettre aux agences de développement internationales de reconstruire le pays», dit David Hook.

Dans les derniers jours, les talibans ont eux aussi annoncé vouloir augmenter la fréquence de leurs attaques. Les attentats suicide et les bombes placées en bordure de la route seront plus nombreux, a soutenu un porte-parole des talibans à l'Associated Press.

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Avec l'Associated Press et le Daily Mail de Londres

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