La Fondation pour la mémoire de la Shoah - Le projet Aladin pour contrer la propagande négationniste

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, connu pour ses déclarations négationnistes, a encore fait les manchettes récemment, à Genève, lors de la conférence de l'ONU sur le racisme, surnommée «Durban 2».

Quelques semaines auparavant, à la maison de l'UNESCO à Paris, le lancement par la Fondation pour la mémoire de la Shoah de son «projet Aladin», qui vise précisément à contrer la propagande négationniste dans les pays musulmans, était passé plus ou moins inaperçu dans les médias.

«Les récents propos d'Ahmadinejad illustrent la nécessité de diffuser de l'information pour contrer le négationnisme dans la langue de ceux qui le professent», a affirmé Anne-Marie Revscolevschi, la directrice générale de la fondation, jointe au téléphone à Paris.

Le projet Aladin consiste en un site Internet donnant en arabe, en turc et en persan de l'information présentée «de façon simple et objective» sur le judaïsme, la shoah et les relations judéo-arabes. Ce site est jumelé à une «bibliothèque virtuelle» contenant plusieurs livres sur l'Holocauste, dont le Journal d'Anne Frank, Si c'est un homme de Primo Lévi, Hitler et les juifs de Phillipe Burrin et Dans l'enfer des chambres à gaz de Shlomo Venezia.

Les nombreux téléchargements faits depuis le lancement de ces outils, fin mars, montrent selon Mme Revscolevschi que les témoignages sur la shoah font défaut dans plusieurs pays où «il y a du lavage de cerveau et de la désinformation».

Le projet Aladin, en gestation depuis quatre ans, découle du constat que «des centaines d'ouvrages négationnistes sont disponibles dans toutes les librairies du Moyen-Orient» et que les sites de même tendance y sont nombreux sur la Toile.

Plusieurs personnalités du monde musulman se trouvaient au lancement du projet, dont le président du Sénégal et actuel président de l'Organisation de la Conférence islamique, Abdoulaye Wade. Parmi les «parrains» du projet figurent l'ancien président français Jacques Chirac, l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder, aux côté d'anciens présidents d'Indonésie et de Mauritanie. Enfin, un «comité de conscience» regroupe plusieurs intellectuels musulmans originaires surtout du Liban et des pays du Maghreb.

La présence de leaders du monde musulman lors du lancement du projet Aladin montre, selon la directrice de la Fondation pour la mémoire de la shoah, que le chef d'État iranien est isolé.

Au fond, le projet Aladin se situe à l'opposé de la thèse du «choc des civilisations», avons-nous demandé à Mme Revscolevschi. Sa réponse: «L'idée sur laquelle nous avons fondé notre mouvement, c'est qu'il faut s'opposer au choc des ignorances.»

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