Afghanistan - L'issue de la guerre se jouera dans le sud du pays

Des soldats canadiens s’apprêtent à partir en mission à bord d’un hélicoptère Chinook des forces de l’OTAN sur la base de Masum Ghar, dans la province de Kandahar, au sud de l’Afghanistan.
Photo: Agence Reuters Des soldats canadiens s’apprêtent à partir en mission à bord d’un hélicoptère Chinook des forces de l’OTAN sur la base de Masum Ghar, dans la province de Kandahar, au sud de l’Afghanistan.

Kandahar, Afghanistan — L'avenir de l'Afghanistan et l'issue de la guerre en cours se décideront dans le sud du pays, où sont notamment concentrées les forces canadiennes. «Si l'on veut une élection réussie, si l'on veut gagner la guerre anti-insurrectionnelle, cela sera décidé dans le sud de l'Afghanistan», a clairement indiqué, au cours d'une entrevue, hier, le commandant des forces de la coalition dans la Région Sud, le major général Mart de Kruif, au quartier général de l'aérodrome de Kandahar.

En d'autres mots, la victoire militaire, ainsi que le bon déroulement de la prochaine élection présidentielle afghane, en août, dépendront des opérations à venir dans cette zone frontalière avec le Pakistan, disputée par les insurgés.

«Désormais, la communauté internationale réalise clairement que l'effort militaire principal est dans le Sud, il faut donc y concentrer le gros des forces», a poursuivi le haut gradé néerlandais, à la tête de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN dans la zone méridionale.

Plus important que Kaboul

Le major général a convenu que l'arrivée prochaine des renforts américains constituait un des plus importants tournants de cette guerre. C'est en effet dans le Sud que seront déployés les 17 000 soldats américains annoncés plus tôt cette année.

Selon M. De Kruif, il est «peut-être même plus important» de tenir la ville de Kandahar, le chef-lieu principal du Sud, que la capitale du pays, Kaboul, pour des considérations historiques et en raison de sa position stratégique.

«Elle est essentielle», a-t-il insisté, en louangeant les troupes canadiennes qui se sont accrochées à leurs positions et qui appuient dorénavant les forces afghanes dans leurs opérations de maintien de l'ordre.

Kandahar était autrefois un des bastions des talibans, et la province du même nom, de même que tout le sud du pays, demeure le point d'appui du mouvement insurrectionnel, grâce notamment à la proximité du Pakistan, qui sert au repli et à l'approvisionnement.

Dimanche, le major général avait déclaré, au cours d'une conférence de presse, que les combats allaient gagner en ampleur dans le Sud en raison de l'afflux des renforts américains. Il avait aussi précisé que les Canadiens déjà sur place ne seraient pas remplacés, mais plutôt renforcés par

les Américains.

Les effectifs américains supplémentaires contribueront aussi à rendre la frontière avec le Pakistan plus étanche, pour ainsi couper les lignes de communication des insurgés, avait ajouté le major général.

Le Canada compte un peu moins de 3000 militaires en Afghanistan, principalement stationnés dans le Sud. Environ 1200 soldats du Royal 22e Régiment de Valcartier viennent de prendre la relève pour les prochains six mois.

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