Au moins 34 morts - Attentats en série à Bagdad

Les pompiers irakiens tentaient d’éteindre l’incendie qui ravageait une voiture dans le district Husseiniya de Bagdad.
Photo: Agence Reuters Les pompiers irakiens tentaient d’éteindre l’incendie qui ravageait une voiture dans le district Husseiniya de Bagdad.

Bagdad — Bagdad a connu un lundi noir hier avec une vague d'attentats à la voiture piégée sur des marchés qui ont fait au moins 34 morts et 139 blessés, rappelant les pires heures des violences de 2006 et 2007.

Au total, six voitures piégées ont explosé. Le mode opératoire — une voiture piégée garée sur un marché — ne porte pas de signature particulière, les insurgés, la branche irakienne d'al-Qaïda et les milices extrémistes chiites y ayant recours.

Dans le grand quartier chiite de Sadr City, dans l'est de la ville, l'explosion a fait au moins dix morts et 65 blessés sur un marché bondé. Dans une rue très fréquentée du centre-ville, une autre voiture piégée était garée près d'une file d'attente de journaliers qui faisaient la queue pour avoir du travail. Il y a eu six morts et 16 blessés. Un autre véhicule piégé a visé un marché dans le quartier de Husseinya, dans le nord de la ville, faisant quatre morts.

Un quatrième attentat qui visait apparemment le convoi d'un responsable du ministère de l'Intérieur a tué un garde du corps et un passant dans l'est de la capitale. Quelques heures plus tard, dans le quartier d'Oum al Maalif, dans le sud de la ville, deux autres attaques ont fait 12 morts et 25 blessés, là encore près d'un marché.

Les attentats d'hier font suite à une série d'arrestations dans les rangs des «conseils de l'éveil» menées au cours de la semaine écoulée. Le gouvernement chiite irakien souligne qu'il n'interpelle que les combattants recherchés pour crimes graves, mais les membres des conseils, souvent d'anciens insurgés, l'accusent de régler des comptes.

Représailles ?

Pour Kadhoum al Mouqdadi, professeur à l'université de Bagdad, ces attentats pourraient être une réponse coordonnée aux interpellations. Il y a un peu plus d'une semaine, l'arrestation du chef d'un conseil avait déclenché des affrontements entre ses partisans et les forces de l'ordre.

«Toute opération de sécurité comporte un risque de réaction», a estimé Mouqdadi. «Cela pourrait être l'oeuvre des Sahouas ou simplement d'opportunistes qui cherchent à exploiter cette affaire.»

Les Sahouas ont changé de camp et rejoint les forces américaines dans la lutte contre le réseau sunnite islamiste al-Qaïda à la fin 2006. Beaucoup d'entre eux ont péri dans des attaques d'insurgés.

Après avoir été payés par les États-Unis, les conseils ont commencé à passer sous contrôle gouvernemental irakien à l'automne 2008, mais la méfiance reste forte.

Al-Qaïda ?

Le cheikh Hamid al Hayyes, fondateur du mouvement des Sahouas, a estimé que les attentats d'hier n'étaient probablement pas le fait des miliciens.

Les officiels irakiens et américains estiment qu'une partie des miliciens, au nombre de 90 000 au total, ont conservé des liens avec al-Qaïda et d'autres groupes insurgés. Mais le gouvernement souligne qu'il s'agit d'une petite minorité.

«Al-Qaïda essaie d'infiltrer les Sahouas, mais je pense qu'il n'y parviendra pas, parce que les Sahouas ont vu ses crimes et sa brutalité», déclare le porte-parole du gouvernement, Ali al Dabbagh.

La violence en Irak a globalement reflué à un niveau inconnu depuis la période ayant succédé immédiatement à l'invasion américaine de mars 2003, mais le pays, et en particulier Bagdad et le Nord, n'échappe

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