La communauté internationale condamne le «coup d'État» à Madagascar

Addis-Abeba — Longue à démarrer, la pression internationale sur Madagascar a monté d'un cran hier. L'Union africaine a décidé de suspendre le pays de ses instances tandis que Paris et Washington parlaient de coup d'État, les États-Unis annonçant l'interruption de l'aide dans cette île de l'océan Indien.

Isolé après presque deux mois de bras de fer avec l'opposant Andry Rajoelina et lâché par l'armée, le président malgache Marc Ravalomanana a annoncé mardi la dissolution de son gouvernement. Dans le même temps, le maire destitué d'Antananarivo, qui s'est autoproclamé président, affirmait avoir été nommé à la tête d'une «haute autorité de la transition» par les partis d'opposition avec le soutien des militaires.

Après une journée de flottement, les condamnations internationales ont commencé à se faire entendre jeudi, quand la Communauté de développement de l'Afrique australe a refusé de reconnaître Rajoelina comme nouveau président. Quelques heures plus tard, la Zambie avait été le premier pays africain à condamner sa prise de pouvoir.

Hier, le président du Conseil de sécurité et de la paix de l'Union africaine (UA), Bruno Nongoma Zidouemba, a déclaré que le Conseil a donné six mois à Antananarivo pour organiser des élections. Si le gouvernement ne se plie pas à cette injonction, l'UA envisagera alors d'imposer des sanctions contre les dirigeants malgaches.

«Le Conseil estime que ce qui s'est passé à Madagascar entre dans la définition d'un changement non constitutionnel de gouvernement», a expliqué M. Zidouemba, représentant du Burkina Faso à l'UA.

Les Occidentaux ont ensuite emboîté le pas aux Africains. «C'est un coup d'État», a déclaré hier Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse, première fois que Paris employait officiellement ce terme. Le président français a noté que Marc Ravalomanana avait été «renversé sans aucune élection» et que «la première décision [du nouveau pouvoir], c'est la suspension du Parlement, qui n'est quand même pas un signe extrêmement positif».

Paris, premier bailleur bilatéral de Madagascar et ancienne puissance coloniale, s'était jusque-là contenté de prendre acte du coup de force mené par le chef de l'opposition, parlant d'une simple «transition».

À voir en vidéo