Vers une sortie de crise au Pakistan

Des partisans de l’opposition au Pakistan ont manifesté hier contre la décision du gouvernement de tenter d’assigner à résidence Nawaz Sharif. Ce dernier a toutefois renoncé à tenir aujourd’hui une démonstration de force dans les rues d’Is
Photo: Agence France-Presse (photo) Des partisans de l’opposition au Pakistan ont manifesté hier contre la décision du gouvernement de tenter d’assigner à résidence Nawaz Sharif. Ce dernier a toutefois renoncé à tenir aujourd’hui une démonstration de force dans les rues d’Is

Gujranwala — Le principal dirigeant de l'opposition pakistanaise, Nawaz Sharif, a appelé aujourd'hui ses partisans à arrêter leur «longue marche» de protestation, après la décision du gouvernement de rétablir dans ses fonctions l'ancien président de la Cour suprême.

«Nous appelons à la fin de cette longue marche», a dit M. Sharif depuis sa voiture, recouverte de pétales de roses, qui se frayait lentement un passage dans la foule de ses partisans en liesse, en traversant la ville de Gujranwala, dans le centre du Pakistan.

Il a ajouté que cette décision avait été prise en concertation avec les autres leaders d'opposition et avec les représentants des avocats.

«Très bientôt, nous jouerons notre rôle dans la mise en oeuvre d'une véritable démocratie dans ce pays», a ajouté l'ancien Premier ministre.

Cette «longue marche», interdite par les autorités, avait débuté jeudi à Karachi, dans le sud du pays, et devait culminer dans une grande manifestation, aujourd'hui, à Islamabad.

«Aujourd'hui nous avons reçu de très heureuses nouvelles. Nous avions dit que nous rétablirions les juges et une justice indépendante, et par la grâce d'Allah nous y sommes parvenus», a ajouté Nawaz Sharif.

Le gouvernement avait annoncé peu avant le retour prochain dans ses fonctions de l'ancien président de la Cour suprême, le juge Muhammad Iftikhar Chaudhry, et des autres juges destitués en 2007 par le régime militaire de Pervez Musharraf, désamorçant in extremis une crise qui menaçait de faire sombrer le pays dans le chaos.

Nawaz Sharif avait défié hier le gouvernement, qui l'avait assigné à résidence, en prenant avec des centaines de ses partisans la route d'Islamabad. Ce spectaculaire coup d'éclat de l'ancien premier ministre, à la tête d'une fronde contre le président Asif Ali Zardari, a ébranlé encore plus le fragile gouvernement civil, au pouvoir depuis un an, qui semblait hier avoir perdu tout contrôle sur la déferlante de l'opposition.

Une foule de manifestants, dans un long convoi d'autobus et de voitures, a quitté dans la soirée Lahore, fief de la famille Sharif dans l'est du Pakistan, vers Islamabad, après avoir déplacé avec des grues les énormes conteneurs qui barraient la sortie de la ville.

Assigné à résidence pour trois jours hier à Lahore, Nawaz Sharif était sorti de sa villa pour qualifier d'«illégale» cette mesure et appeler ses partisans à l'accompagner jusqu'à Islamabad. «C'est un moment en or dans l'histoire du Pakistan. C'est le prélude à une révolution», avait-il dit dans une interview par téléphone à la chaîne de télévision privée Geo. Des scènes d'émeutes avaient éclaté auparavant à Lahore, les plus graves depuis le début de la crise.

Les États-Unis ont salué les mesures annoncées par le gouvernement pakistanais qui ont permis «d'éviter une grave confrontation» et de faire «un pas substantiel vers la réconciliation nationale», dans un communiqué de l'ambassade à Islamabad.

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