11 septembre - La CIA avait repéré deux pirates de l'air

Washington — L'agence de renseignement américaine (CIA) avait découvert que deux des pirates de l'air du 11 septembre étaient des agents d'al-Qaïda plusieurs mois avant les attentats, affirme l'hebdomadaire américain Newsweek paru aujourd'hui.

Alors que les deux hommes, Khaled al-Mihdar et Nawaf al-Hazmi, avaient été identifiés dès 2000, «la CIA n'a rien fait de ces informations», accuse le magazine.


«Les responsables de l'agence n'ont pas alerté les services d'immigration, qui auraient pu les refouler à la frontière, ni le FBI, qui aurait pu les filer pour découvrir leur mission.»


«Al-Mihdar et Al-Hazmi, qui se promenaient en Amérique et au vu et au su de tous, n'auraient pas pu être plus faciles à trouver» durant leur séjour aux États-Unis, assure Newsweek. Ainsi, le premier avait vu son visa renouvelé en juillet 2001, alors même que «la CIA avait établi un lien entre lui et l'un des terroristes présumés responsables de l'attaque du navire militaire USS Cole en octobre 2000» par al-Qaïda au Yémen.


«Le FBI n'a pas su qu'il était censé les chercher jusqu'à trois semaines avant les attentats, quand le directeur de la CIA George Tenet, inquiet de l'imminence d'un attentat, a ordonné aux analystes de l'agence de rouvrir leurs dossiers.»


On était alors le 23 août, et la recherche «désespérée» pour trouver les deux hommes s'est révélée stérile. Le 11 septembre, ils étaient dans le Boeing qui s'est écrasé contre le Pentagone, souligne l'hebdomadaire.


Un responsable du FBI cité par Newsweek assure que les informations de la CIA auraient pu permettre de découvrir le réseau des 19 terroristes présumés responsables des détournements des Boeing lancés contre New York et Washington, «vu leurs fréquents contacts avec au moins cinq des autres pirates de l'air».


Nawaf al-Hazmi aurait été repéré par la CIA «quelques jours après une réunion de planning décisive et secrète d'al-Qaïda» organisée en janvier 2000 à Kuala Lumpur, qu'il avait quittée pour se rendre à Los Angeles. Le deuxième homme était déjà titulaire d'un visa à entrées multiples.


Le sénateur républicain Richard Shelby a indiqué hier à la télévision ABC que les parlementaires enquêteraient sur ces nouvelles informations.


L'information n'a pas bien circulé quand il le fallait entre les différentes agences», a regretté le sénateur, soulignant les défauts de communication entre «la CIA, le FBI, l'agence de sécurité nationale, l'immigration, que sais-je encore».


Jusqu'à présent le FBI était au centre des révélations sur les dysfonctionnements de l'avant-11 septembre. Son directeur Robert Mueller et le ministre de la justice John Ashcroft ont annoncé la semaine dernière une réforme de l'organisation et des méthodes de la police fédérale.

À voir en vidéo