Statuettes contre démocratie: une offre «ridicule» pour la Chine

Pékin — La Chine a qualifié de «ridicule» l'offre de Pierre Bergé de redonner les deux bronzes du patrimoine chinois de sa collection en échange de la démocratie et du retour du dalaï-lama au Tibet.

«Enfreindre les droits culturels du peuple chinois au nom des droits de l'homme, c'est tout simplement ridicule», a déclaré aux journalistes le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu, qui réagissait aux propos tenus par Pierre Bergé.

«Je suis absolument prêt à donner ces deux têtes [de bronze] à la Chine, tout ce que je demande à la Chine en contrepartie est de donner les droits de l'homme, la liberté au Tibet et d'accueillir le dalaï-lama», avait dit Pierre Bergé, connu pour avoir soutenu financièrement des dissidents chinois en France après la répression sanglante du mouvement prodémocratie de la place Tian'anmen en 1989.

Lundi, la justice française a rejeté une demande de suspension de la vente des deux têtes de bronze, celle d'un rat et d'un lapin, provenant du sac du Palais d'été à Pékin en 1860 par les troupes franco-britanniques. La vente aura lieu aujourd'hui.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a de nouveau réclamé mardi leur retour en Chine.

«Dans l'histoire moderne, les puissances impérialistes occidentales ont pillé beaucoup d'objets artistiques chinois au Palais d'été et ils doivent revenir en Chine», a-t-il dit.

De son côté, une partie de la presse chinoise a dénoncé mardi un «chantage politique» de la part de M. Bergé.

«Il y a 150 ans, il y a eu incendie et pillage, 150 ans plus tard, c'est du chantage. Le comportement de Pierre Bergé est purement et simplement une logique de gangster», a déclaré Wang Qiutong, président d'une association culturelle de Hong Kong, cité par le Quotidien de la Jeunesse de Pékin.

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