Les Afghans devraient voter le 20 août

Kaboul — L'Afghanistan a fixé au 20 août la date de sa prochaine élection présidentielle avec l'espoir que la sécurité s'améliorera d'ici là du fait de l'envoi annoncé de renforts militaires américains.

Le président Hamid Karzaï a fortement laissé entendre qu'il briguerait un second mandat, malgré une popularité entamée par la corruption de certains dirigeants et par l'insécurité, au plus haut depuis le renversement des taliban fin 2001.

Sept ans après la chute du régime islamiste, l'intensité de la violence à laquelle l'Afghanistan est en butte contraint les États-Unis et l'OTAN à revoir leur stratégie.

L'administration Obama envisage d'y reproduire la stratégie de renfort massif (ou «surge") mise en oeuvre en Irak. Les effectifs américains, d'actuellement 36 000 soldats, pourraient passer à plus de 60 000 dans les douze à dix-huit mois à venir. L'OTAN, qui commande la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), étudie parallèlement les moyens d'un accroissement de ses moyens militaires.

Les conditions dans lesquelles se déroulera l'élection présidentielle d'août sera un indicateur de premier ordre des progrès éventuels face à l'insurrection islamiste, qui s'est renforcée ces deux dernières années dans le sud et l'est majoritairement pachtoune du pays et se rapproche désormais de la capitale, Kaboul. Mardi, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a qualifié l'Afghanistan de plus grand défi militaire des États-Unis.

«Le calendrier retenu va donner suffisamment de temps à l'OTAN pour nous préparer correctement à soutenir le gouvernement afghan pour faire en sorte que la sécurité soit suffisante à la bonne marche du scrutin», a réagi de son côté le porte-parole de l'Alliance atlantique, James Appathurai. «L'idée n'est pas de déployer des soldats de l'ISAF autour des bureaux de vote», a-t-il dit, mais de fournir un appui logistique et un soutien d'urgence aux forces afghanes de sécurité.

Le calendrier électoral a été fixé après consultation avec les forces de sécurité afghanes et les forces internationales. «Elles nous ont dit que des renforts seraient présents et qu'elles garantiraient la sécurité», a dit le président de la commission électorale, Azizoullah Loudine, dans une conférence de presse.

Mais la capacité du Pentagone à renforcer sa présence en Afghanistan dépendra de sa possibilité de retirer des troupes d'Irak, où le contingent américain compte actuellement 140 000 soldats. Les alliés européens de l'OTAN sont pour leur part réticents à déployer davantage de soldats sur le théâtre afghan.

Hamid Karzaï, membre de la communauté pachtoune, est à la tête de l'Afghanistan depuis l'intervention de la force internationale qui a abouti à la chute des taliban en novembre 2001.

À voir en vidéo