Quarante morts lundi - Nouvelle manifestation à Antananarivo

Antananarivo — Des dizaines de milliers de manifestants hostiles au gouvernement malgache se sont rassemblés hier dans le centre d'Antananarivo à l'appel du maire de la ville, Andry Rajoelina, chef de file de l'opposition.

Selon des témoins, au moins 40 000 personnes se sont massées sur la place du 13-Mai, sous l'oeil attentif de la police, mais aucun débordement n'a été signalé. Une manifestation organisée lundi a donné lieu à des violences qui ont fait une quarantaine de morts.

Le jeune maire de la capitale, âgé de 34 ans, taxe le président Marc Ravalomana de dérive autocratique, tandis que le chef de l'État l'accuse de vouloir renverser l'exécutif par la force.

Certains observateurs craignent que cette flambée de violence ne débouche sur une nouvelle crise majeure dans un pays réputé pour son instabilité politique.

Les pompiers ont découvert hier 37 corps calcinés dans un grand magasin du centre d'Antananarivo incendié lors des manifestations, ce qui porterait à 39 morts le bilan des violences de la semaine.

Les violences ont éclaté au premier jour de grèves lancées par l'opposition pour protester contre la fermeture en décembre de la station de radio de Andry Rajoelina, après la diffusion d'un entretien avec Didier Ratsiraka, ancien chef de l'État en exil en France.

Marc Ravalomana, qui lui a succédé en 2002, a annoncé qu'un mandat d'arrêt avait été émis à l'encontre de Dolin Rasolosoa, directeur de cabinet de Rajoelina, et de Roland Ratsiraka, neveu de l'ancien président.

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