Zimbabwe - L'Europe accroît la pression sur Robert Mugabe

Pendant que Mugabe discute, des piétons s’affairent à tenter de contrer les conditions de vie inouïes du pays.
Photo: Agence Reuters Pendant que Mugabe discute, des piétons s’affairent à tenter de contrer les conditions de vie inouïes du pays.

Bruxelles — L'Union européenne a accru hier sa pression sur Robert Mugabe en ajoutant de nouvelles personnes et entreprises zimbabwéennes à sa liste de sanctions.

L'UE a par ailleurs réclamé une enquête dans l'industrie du diamant du Zimbabwe, pour établir les liens du régime avec des violences commises dans le cadre de ce commerce et déterminer les soutiens financiers qu'il en tire.

Au total, 27 individus et 36 entreprises, dont certaines avec des activités en Europe, sont ajoutés sur la liste d'alliés du président zimbabwéen soupçonnés de violer les droits de l'homme, ont précisé des diplomates.

Les mesures restrictives à l'égard du Zimbabwe, qui ont été prorogées d'une année, vont de l'interdiction de visas au gel des avoirs financiers.

«Le Conseil condamne le régime, qui ne répond pas aux besoins économiques et sociaux les plus fondamentaux de la population», peut-on lire dans le texte des conclusions du conseil de l'UE.

Les Vingt-sept rappellent par ailleurs qu'ils se tiennent prêts à apporter leur soutien au redressement économique et social du Zimbabwe «dès qu'un gouvernement reflétant la volonté du peuple zimbabwéen aura été formé et montrera des signes tangibles d'un retour au respect des droits de l'homme, à l'État de droit et à la stabilisation macroéconomique».

Robert Mugabe devait participer hier à un sommet régional en Afrique du Sud en vue d'obtenir le feu vert des pays voisins pour former un gouvernement, avec ou sans l'opposition.

Les négociations de partage du pouvoir entre Robert Mugabe et son principal adversaire Morgan Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), sont au point mort depuis plusieurs mois.

La Zanu-PF de Mugabe et le MDC ont signé le 15 septembre un accord de principe prévoyant le maintien en place du président et la création du poste de premier ministre confié à Tsvangirai, mais les deux camps ne parviennent pas à s'entendre sur l'attribution des portefeuilles clés - Intérieur, Finances et Information, notamment.

Les puissances occidentales ont appelé à plusieurs reprises Mugabe à démissionner et souhaitent, avant d'apporter des milliards de dollars d'aide, l'arrivée aux affaires d'un gouvernement démocratique qui serait en mesure d'entreprendre des réformes économiques.

Si certains des 15 membres de la SADC, comme le Bostwana ou la Zambie, ont haussé le ton face à Mugabe, la plupart des voisins du Zimbabwe voient en lui le héros de l'indépendance.

Le chef d'État a précipité l'ancienne colonie britannique dans une profonde crise économique, doublée d'une situation humanitaire désastreuse: l'inflation est la plus élevée au monde, les vivres et l'énergie font cruellement défaut et une épidémie de choléra a fait près de 2900 morts depuis août.

À voir en vidéo