Madagascar - Des dizaines de milliers de personnes manifestent contre le gouvernement

Antananarivo — Une manifestation contre le gouvernement du président de Madagascar, Marc Ravalomanana, a rassemblé des dizaines de milliers de personnes hier dans les rues d'Antanaravivo, où la foule a incendié la radio-télévision d'État.

Selon une source proche des services de sécurité, on dénombre deux morts. «Nous sommes au courant de deux décès», a confié cette source un policier et un adolescent de

14 ans tués lors de la manifestation organisée pour exiger la démission du gouvernement de la Grande Île. Un journaliste malgache, Fano Rakopondrazaka, a pour sa part affirmé que les violences de rues se sont soldées par 11 morts. «J'ai vu 11 corps sans vie, a-t-il dit.

Ces violences ont éclaté au premier jour de grèves lancées par l'opposition contre le chef de l'État, au pouvoir depuis 2002 et accusé de dérive autocratique par ses détracteurs.

Le mouvement de grève fait suite à la fermeture en décembre par le gouvernement de la chaîne de télévision appartenant au maire d'Antananarivo et chef de l'opposition, Andry Rajoelina.

Le pouvoir avait pris prétexte de la diffusion sur cette antenne d'un entretien avec l'amiral Didier Ratsiraka, ancien chef de l'État en exil en France, susceptible, selon le gouvernement, d'inciter aux troubles civils.

Le pouvoir, qui accuse le maire de la capitale de chercher à fomenter une révolte, a lancé un appel au calme et à l'ordre public à Antananarivo.

Selon des récits de témoins, des jeunes gens en colère ont pillé des magasins et incendié les bâtiments abritant une radio locale et des chaînes de télévision nationales. Ailleurs en ville, une foule a mis à sac la maison d'un sénateur proche du président et des manifestants ont attaqué trois magasins et des intérêts économiques appartenant au premier ministre.

Ces dernières semaines, les relations entre le gouvernement et l'opposition se sont détériorées. Les pouvoirs publics accusent le maire, qui est âgé de 34 ans, de mal gérer sa ville. Ce dernier se défend en reprochant au gouvernement central de l'empêcher délibérément de faire son travail correctement.

Certains politologues craignent que cet accès de violence ne débouche sur une nouvelle crise majeure dans un pays réputé pour son instabilité politique.

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