«La position du Canada est très décevante»

Dans ce qui ressemblait à un grand rendez-vous de solidarité du monde arabe, des centaines de personnes se sont mobilisées hier à travers le Canada, notamment à Toronto, Ottawa et Montréal, pour dénoncer l'offensive israélienne contre Gaza. À Montréal, sous un ciel gris mais une température plutôt clémente, plus de trois cents personnes ont croisé des drapeaux palestiniens près du métro Guy-Concordia pour dénoncer l'offensive israélienne contre Gaza.

«Solidarité Gaza». Une grande banderole noire déployée ouvrait le cortège. Chantant à tue-tête des slogans évocateurs, ces manifestants, qui répondaient à l'appel du mouvement Solidarité pour les droits humains des Palestiniens, ont vivement dénoncé l'attaque d'Israël contre la bande de Gaza et critiqué l'attitude du gouvernement Harper, «qui ne prend pas position contre Israël».

«La position du Canada est très décevante. [Le gouvernement] dit qu'il est inquiet, mais il doit préciser cette inquiétude, mieux connaître les faits. On parle de l'utilisation d'une force disproportionnée d'un pays ayant un pouvoir politique et militaire excessif», a soutenu Nina Amrov, une porte-parole canadienne du mouvement d'origine palestinienne. Habitués de ce genre d'événements militants, Amir Khadir, député de Mercier, ainsi que le cinéaste Pierre Falardeau étaient aussi de la partie.

Bien que résidant au Canada depuis 18 ans, Rita Salfiti a le coeur en Palestine, où son oncle et ses cousins vivent toujours. «Chaque jour est un combat pour eux. Ce n'est pas une vie, a-t-elle lancé. Les sanctions imposées par les Israéliens durent depuis trop longtemps déjà. Je suis ici pour donner mon appui au peuple palestinien.»

À Toronto, des centaines de manifestants ont exprimé leur appui au peuple palestinien devant le consulat israélien. Des militants pro-israéliens y sont aussi venus mener une contre-manifestation.

Le rôle du Canada

«Israël assassin! Harper complice!» Le slogan scandé dans les rues de Montréal hier rappelait les cris de colère de la communauté libanaise qui, à l'été 2006, avait manifesté contre le raid israélien au Liban. Nina Amrov n'hésite pas à montrer le Canada du doigt et insiste sur le rôle qu'il a à jouer. «Il y a beaucoup de choses à faire sur le thème du désinvestissement et du boycottage. On a des liens économiques, politiques et militaires avec Israël et on a des outils pour faire pression sur ce pays. Ça s'est déjà fait par le passé avec d'autres pays», a-t-elle indiqué.

Le gouvernement canadien a pour sa part appelé au «retour immédiat au calme» dans la bande de Gaza et a demandé au Hamas et à l'État hébreu de renouveler leurs «efforts» pour instaurer un cessez-le-feu.

Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada, a exigé l'arrêt des attaques à la roquette visant Israël, estimant que l'État hébreu avait «parfaitement le droit de se défendre» contre des attaques ciblant «délibérément» la population civile. Il a également demandé aux différentes parties d'éviter «de causer des pertes civiles» ainsi que de garantir aux organisations humanitaires «un accès sûr et libre» aux habitants de la bande de Gaza.

Même s'il se désole de cette violence, le consul d'Israël à Montréal en arrive à la conclusion qu'elle était inévitable. «Nous avons tout essayé pendant de longs mois, mais le cessez-le-feu n'a pas été respecté par le Hamas. Malheureusement, aujourd'hui, la seule option qui reste est militaire, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger nos citoyens, c'est le droit à l'autodéfense, a déclaré Joram Elron. Nous ne voulons pas que la population souffre, au contraire, nous voulons promouvoir la paix et la cohabitation avec notre voisin.»

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Avec l'Agence France-Presse

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