Chef sanguinaire d'al-Qaïda en Irak - «Imad le tueur» s'évade

Ramadi — Un chef particulièrement sanguinaire d'al-Qaïda en Irak s'est évadé hier avec deux complices d'un poste de police de Ramadi, à l'ouest de Bagdad, à l'issue d'une fusillade qui s'est soldée par la mort de treize personnes.

Imad Ahmad Farhan, tristement célèbre sous le nom d'«Imad le tueur» et qui a reconnu au moins cent meurtres selon la police, s'est échappé avec deux autres «émirs», des chefs locaux de la branche irakienne d'al-Qaïda, à l'issue d'une opération qui semble avoir été particulièrement bien préparée, selon un responsable de la police locale.

Selon un responsable de la police locale et une source au ministère de l'Intérieur à Bagdad, un colonel, un capitaine et un lieutenant figurent parmi les victimes.

Un couvre-feu a été instauré à Ramadi tandis que les policiers irakiens effectuaient des perquisitions et patrouillaient les rues désertées.

Les fugitifs sont des Irakiens de Ramadi, un bastion d'al-Qaïda jusqu'à ce que le réseau jihadiste en soit chassé au début 2007 par des milices d'anciens insurgés financées par les Américains.

Selon le récit de plusieurs policiers que l'AFP a pu interroger, vers 2h du matin, un détenu a simulé des douleurs.Un capitaine de police est entré alors dans la cellule mais il a aussitôt été égorgé.

Ruée vers l'armurerie

Quarante prisonniers se trouvaient dans la cellule, dont 13 membres d'al-Qaïda. Seuls onze jihadistes sont sortis et se sont dirigés vers le bureau du chef du poste de police, le colonel Abdel Ghani al-Doulaimi, qu'ils ont égorgé. Ils ont ensuite abattu un lieutenant dans la cour puis se sont rués vers l'armurerie.

C'est là que les échanges de tirs ont été les plus violents. Mais profitant de la confusion quatre membres d'al-Qaïda ont réussi à s'échapper par la porte principale. L'un d'eux a été blessé et finalement rattrapé. Ni la police ni le ministère de l'Intérieur n'ont précisé quand ces membres d'al-Qaïda avaient été arrêtés ni les chefs d'inculpation retenus contre eux.

La province d'Al-Anbar est un ancien fief de l'insurrection sunnite anti-américaine.

La violence a commencé à y diminuer lorsque les chefs de tribus, las des attentats d'al-Qaïda et encouragés par les Américains, se sont révoltés en septembre 2006 contre les jihadistes.

Ils ont formé les groupes de Sahwas («Réveils» en arabe) qui ont combattu les émules d'Oussama ben Laden et, un an plus tard, la province est devenue l'une des plus tranquilles d'Irak.

La grande majorité des Sahwas ont ensuite rejoint les rangs de la police.

Au total, les forces irakiennes de sécurité dans la province comptent 36 000 hommes, dont 28 000 policiers.

Le contrôle d'Al-Anbar a été remis par les Marines aux forces irakiennes le 1er septembre.

Mais des violences continuent de s'y produire épisodiquement. Un policier y a été tué vendredi en voulant arrêter un camion piégé conduit par un kamikaze à un point de contrôle à l'est de Falloujah.

Le chauffeur du camion a été abattu par les policiers sans avoir le temps de perpétrer sa mission suicide. Par ailleurs, à Balad Ruz, à 85 km au nord-est de Bagdad, deux soldats irakiens ont été tués par une bombe artisanale au passage de leur convoi.

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