Irak - Bagdad permet le maintien des troupes de la coalition

Bagdad — Les députés irakiens ont ouvert la voie hier au maintien jusqu'en juillet 2009 de la présence en Irak de troupes étrangères non américaines, en mandatant le gouvernement pour signer des accords avec cinq pays de la coalition, dont la Grande-Bretagne.

Une large majorité des 223 députés présents, sur les 275 que compte le Parlement, ont fini par adopter une résolution en ce sens, à une semaine de la fin du mandat de l'ONU qui fixe un cadre légal à la présence en Irak des troupes de la coalition.

«À la suite de la demande de

50 députés d'inscrire à l'ordre du jour le vote d'une décision fixant un calendrier de retrait des troupes étrangères d'Irak, la résolution a été adoptée à une large majorité», a affirmé le vice-président du Parlement Khaled al-Attiyah.

Le gouvernement irakien devra désormais signer avant le 31 décembre des accords avec la Grande-Bretagne, l'Australie, l'Estonie, le Salvador, la Roumanie et l'OTAN, soit pour la présence de moins de 6000 hommes. Le texte mandate aussi le gouvernement «pour organiser leur présence et leurs activités jusqu'à leur retrait complet du pays».

Les Américains, qui constituent 95 % de ces forces, ne sont pas concernés puisqu'ils ont déjà signé un accord bilatéral avec les Irakiens pour rester en Irak jusqu'à la fin 2011. Mais il fallait un accord pour le reste de la coalition, largement dominé par les troupes britanniques. C'est par conséquent la fin d'une crise qui hypothéquait la présence de ces après expiration du mandat de l'ONU.

Lundi, à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté à l'unanimité la résolution 1959 entérinant la fin de ce mandat.

Le vote du Parlement est intervenu après l'annonce de sa démission par son président, Mahmoud Machhadani. «J'annonce que je démissionne de mon poste de président du Parlement dans l'intérêt général», a-t-il annoncé en séance plénière, déclenchant les applaudissements des députés.

Le 17 décembre, M. Machhadani, excédé par la tournure des discussions au Parlement, s'était levé et avait annoncé sa démission en déclarant que les députés qui voteraient contre étaient «des chiens, des fils de chiens». Il s'était ensuite rétracté.

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