Roumanie: incertitude sur la constitution du prochain gouvernement

Bucarest — Deux jours après les élections législatives en Roumanie, l'incertitude planait toujours hier sur la constitution du prochain gouvernement, qui aura notamment la tâche de gérer la crise économique.

La gauche sociale-démocrate (PSD, opposition) est sortie en tête des suffrages, avec une moyenne de 33,6 % sur les deux chambres, mais avec moins d'un point d'avance sur le Parti démocrate libéral (PDL, opposition).

Elle n'est donc pas assurée de retrouver la tête du pays après quatre années dans l'opposition, même si son leader Mircea Geoana insiste que «dans tout système démocratique, le vainqueur est généralement celui qui gouverne».

La confusion a encore augmenté en fin de journée à la suite de l'annonce par le Bureau électoral central (BEC) de la distribution des mandats, le PDL comptant 166 sièges, contre seulement 163 pour le PSD.

Le président Traian Basescu, proche du PDL, dispose d'un délai de 20 jours après le scrutin pour désigner le premier ministre. Et il a insisté sur le fait que personne ne pourrait lui imposer un nom.

S'appuyant sur son avantage dans les suffrages, M. Geoana a invité tous les partis à des négociations et attend de voir «qui répondra le premier».

Le président du PDL Emil Boc campe, lui, sur sa position du soir des élections: «la première option est libérale», ce qui ressemble à un appel direct lancé au Parti national libéral (PNL) du premier ministre sortant Calin Tariceanu, fort de 18 % des suffrages.

L'heure des négociations a sonné pour établir une alliance capable de former un gouvernement majoritaire, jeu dans lequel «le PNL fera équipe avec celui qui paiera le mieux», estimait le quotidien Gandul.

Bogdan Olteanu, l'un des leaders libéraux, a annoncé que «s'il se forme une majorité autour du programme de gouvernement

et de relance économique du PNL, il serait normal que le poste

de premier ministre revienne à un libéral».

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