Une réforme agraire contestée

Harare — Le gouvernement du Zimbabwe ignorera la décision du tribunal de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) qui juge contraire au droit international le programme de confiscation d'exploitations agricoles appartenant à des Blancs.

«Ces gens-là rêvent. Nous n'allons pas revenir sur notre réforme agraire», a dit le ministre d'État chargé de la Sécurité nationale et de la Réforme agraire, Didymus Mutasa, au journal Herald d'hier.

«En ce qui concerne ces 75 fermiers [blancs], leur cas n'a rien de spécial. Nous récupérerons d'autres fermes. Ce n'est pas de la discrimination contre les exploitants, c'est un rééquilibrage», ajoute-t-il.

Vendredi, un tribunal de la SADC siégeant à Windhoek, en Namibie, a affirmé que les fermiers visés avaient été «victimes de discrimination fondée sur la race». Il avait été saisi d'une plainte de 75 fermiers blancs zimbabwéens contestant la légalité d'un programme de redistribution des terres entamé en 2000. Le tribunal a demandé au gouvernement zimbabwéen de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la propriété des demandeurs et a ordonné que les fermiers dont les terres ont déjà été confisquées soient indemnisés d'ici le 30 juin 2009.

Le gouvernement du président Robert Mugabe a saisi des milliers d'exploitations agricoles appartenant à des Blancs pour les redistribuer à des Noirs défavorisés. Cette initiative a entraîné l'effondrement d'une agriculture autrefois prospère, mettant des millions de personnes au bord de la famine.

La SADC, qui regroupe 15 pays africains, dont le Zimbabwe, a fait pression sur Mugabe et sur le Mouvement pour le Changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, pour qu'ils forment rapidement un gouvernement d'union dans le cadre d'un accord de partage du pouvoir conclu le 15 septembre. Mais les deux parties se heurtent à une impasse sur le contrôle des principaux portefeuilles du futur cabinet.