L'armée afghane se développe rapidement

Cette résidante de Peshawar a croisé hier des soldats de la force internationale.
Photo: Agence Reuters Cette résidante de Peshawar a croisé hier des soldats de la force internationale.

Kaboul — L'armée afghane se développe à une cadence accélérée et compte désormais 68 000 hommes déployés sur le terrain et 11 000 en cours d'entraînement, a indiqué hier le général américain chargé de sa formation.

«Nous avons formé 26 000 nouveaux soldats entre octobre 2007 et octobre 2008, contre 7 à 8000 par an auparavant. Notre objectif est d'aller aussi vite que possible, tout en maintenant la qualité de l'armée afghane», a expliqué le général Robert Cone. L'armée afghane devrait atteindre avant la fin 2011 l'objectif fixé de 134 000 soldats, a-t-il ajouté.

Le programme visant à rebâtir l'armée de l'air afghane, d'un coût de 3,5 milliards de dollars, se développe également, avec quelque 200 pilotes déjà formés. «Le mois dernier, l'armée de l'air a transporté 9000 soldats et policiers afghans jusqu'à leurs positions et quelque 60 tonnes de matériel», a précisé le général américain, qui dirige le Commandement de transition pour la sécurité en Afghanistan (Combined Security Transition Command-Afghanistan, CSTC-A).

L'armée de l'air afghane comporte 23 hélicoptères MI-17 et 8 avions Antonov, tous des appareils de transport. Elle vient d'acheter 19 nouveaux avions C-27A et envisage d'acquérir de nouveaux hélicoptères, pour atteindre une capacité totale de 59 engins, selon le général Cone.

Le CSTC-A forme également la police afghane qui compte désormais 76 000 membres. Le gouvernement a pour objectif de porter cet effectif à 82 000.

Pendant ce temps, le président Karzaï tente de son côté de répondre aux accusations d'incompétence et de corruption visant son gouvernement. En un mois, il a changé sept membres de son gouvernement. Ce qui pouvait apparaître dans un premier temps comme un ajustement technique revêt désormais une tout autre dimension.

Les nominations paraissent promouvoir la compétence au détriment des allégeances tribales. De plus, elles semblent prendre en compte la lutte contre la corruption au plus haut niveau de l'État et donc répondre aux attentes formulées par la communauté internationale, qui en avait fait une condition à son aide financière. Enfin, la volonté de répondre aux griefs de la population afghane à quelques mois de la prochaine élection présidentielle a conduit M. Karzaï à entériner des choix maintes fois repoussés.

Dernier en date à quitter ses fonctions, lundi 10 novembre, le ministre des Transports, Hamidullah Qaderi, a été limogé pour «négligence et activités suspectes». Il est visé par une enquête sur le rôle qu'il a joué dans l'organisation du déplacement de dizaines de milliers de pèlerins afghans à La Mecque, en décembre.

M. Qaderi et ses proches pourraient avoir tiré un profit personnel des quelque 3000 dollars versés par chaque participant au pèlerinage. Leur nombre étant limité, des pots-de-vin auraient permis de figurer parmi les heureux élus.