Torture - L'ONU dénonce l'opacité de Pékin

Genève — Le Comité antitorture de l'ONU et les ONG de défense des droits de la personne ont dénoncé hier l'opacité des autorités chinoises qui refusent de fournir des informations sur les cas de torture.

Le représentant de Pékin, l'ambassadeur Li Baodong, a assuré hier ne pas être en mesure de fournir les données statistiques réclamées par le Comité antitorture (CAT) lors de la première séance des débats, vendredi dernier.

«Il reste beaucoup à faire: la Chine est un pays en voie de développement, avec une population très importante et des ressources humaines et financières limitées», a plaidé le diplomate. «La Chine a besoin de temps», a-t-il ajouté, en accusant des ONG de «propager des fausses informations pour porter tort à la Chine».

«Nous ne sommes pas rassurés par les réponses des autorités chinoises», a rétorqué Mme Nora Sveaass, rapporteure du CAT sur la Chine, qui a notamment demandé une enquête sur les événements de Tiananmen au printemps 1989. «Il n'est pas trop tard pour que les familles des victimes connaissent la vérité» sur la répression de ces manifestations ni pour demander des réformes politiques, a-t-elle fait valoir.

Mme Felice Gaer, corapporteuse, a déploré «l'absence de définition claire» du concept de torture dans la législation chinoise. Elle a également dénoncé l'usage extensif du secret d'État pour refuser de dévoiler des faits de torture, «notamment lorsque ce sont des membres d'ethnies minoritaires qui en sont victimes».

«En l'absence totale d'information fiable, ce serait irresponsable de notre part d'avancer un chiffre de cas de torture en Chine», a reconnu devant la presse Mme Sharon Hom, directrice de l'organisation Human Rights in China.

Les dix experts du Comité antitorture de l'ONU doivent émettre à la fin de la session, le 21 novembre, leurs recommandations aux autorités de Pékin.