Zimbabwe - L'opposition rejette les propositions de l'Afrique australe

Johannesburg — Le leader de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a rejeté les recommandations de l'Afrique australe réunie en sommet, qui a incité les parties à partager le ministère de l'Intérieur pour aboutir à la formation d'un gouvernement d'union.

«Nous rejetons ces recommandations», a déclaré devant la presse le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

«Ce n'est pas la fin du monde», a lancé M. Tsvangirai, relevant que la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) n'était pas «le seul organe responsable de la mise en oeuvre de l'accord» de gouvernement d'union signé le 15 septembre entre opposition et pouvoir à Harare.

«Il y a également l'Union africaine [UA], les Nations unies», a-t-il souligné, réitérant son «engagement» à parvenir à une entente sur le partage du pouvoir.

L'accord du 15 septembre est resté lettre morte faute d'entente sur la répartition des ministères, notamment ceux qui gèrent l'appareil de répression.

La Zanu-PF s'est arrogée le portefeuille de la Défense sans attendre la fin des négociations. En conséquence, le MDC réclamait celui de l'Intérieur, qui contrôle la toute puissante police.

Le Zimbabwe est plongé dans la paralysie politique depuis la défaite historique du régime de Robert Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, aux élections générales du 29 mars.

«Le concept de coministère ne peut pas fonctionner», a estimé M. Tsvangirai, soulignant que «le problème du ministère de l'Intérieur masquait la vraie question, celle d'un partage équitable du pouvoir.»

«La SADC a raté une grande opportunité de mettre fin à la crise au Zimbabwe», a-t-il poursuivi. «Il est regrettable que la pression soit exercée sur le MDC et que [la SADC] soit incapable de peser sur Mugabe, pourtant à l'origine des problèmes.»

Le plus âgé des chefs d'État d'Afrique a été réélu fin juin lors d'un scrutin contesté, auquel il était seul en lice après l'abandon de M. Tsvangirai face aux violences déchaînées contre ses partisans.

Selon l'opposant, le président Mugabe n'a aucune légitimité tant que l'accord du 15 septembre n'aura pas été appliqué.