10 000 Géorgiens contre Saakachvili

Tbilissi — Plus de 10 000 personnes ont manifesté hier à Tbilissi à l'appel de l'opposition géorgienne contre le président Mikheïl Saakachvili, confronté à son premier test politique depuis la guerre avec la Russie en août.

Cet événement marquait le premier anniversaire d'une manifestation antigouvernementale violemment réprimée par les autorités, qui avait alors réuni des dizaines de milliers de personnes dans la capitale de cette ex-république soviétique.

De nombreux manifestants ont accusé Saakachvili d'avoir mal géré le conflit en août, lorsque les troupes russes sont entrées massivement en territoire géorgien après une tentative de Tbilissi de reprendre par la force le contrôle de sa région rebelle pro-russe d'Ossétie du Sud. Les forces russes se sont ensuite repliées en Ossétie du Sud et en Abkhazie, autre région géorgienne séparatiste. Moscou a reconnu fin août l'indépendance de ces républiques. Mais de nombreux Géorgiens ont du mal à accepter le renforcement du contrôle russe sur ces deux territoires sécessionnistes.

«En août, les autorités nous ont fait retourner au Moyen-Âge. Saakachvili a ouvert les portes de la Géorgie aux barbares», a lancé devant la foule l'un des dirigeants de l'opposition, Guiorgui Khaïndrava.

Le New York Times a publié hier des rapports d'observateurs mettant en doute la version de Tbilissi selon laquelle le conflit en Ossétie du Sud a éclaté lorsque la Géorgie a dû répliquer à des attaques de forces ossètes et de troupes russes, rapporte le New York Times. Ces observateurs militaires étaient présents dans le cadre d'un mandat de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). En novembre 2007, des dizaines de milliers de Géorgiens étaient descendus dans la rue, poussant Saakachvili à convoquer une élection présidentielle anticipée après la dispersion violente d'une manifestation d'opposants par la police anti-émeutes.