Pakistan - Un membre du gouvernement échappe à un attentat

Charsadda — Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement pakistanais et chef du Parti national Awami (ANP), Asfandyar Wali Khan, a échappé hier à un attentat suicide devant sa résidence à Charsadda, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest. Quatre personnes ont été tuées lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser en tentant d'entrer dans la maison.

«J'ai vu le kamikaze s'approcher de nous et des agents de sécurité au moment où des gens sortaient de ma maison», a raconté M. Khan, quelques heures après l'attentat.

«Quatre personnes ont été tuées dans cet attentat suicide», parmi lesquelles un policier, un employé de banque et un vigile de «Asfandyar Wali Khan qui était visé, mais qui est sain et sauf», a déclaré à la télévision Mian Iftikhar, ministre de l'Information de la NWFP.

Cette province touche les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan où l'armée pakistanaise affronte des combattants islamistes proches des talibans et d'al-Qaïda.

Cette région s'est imposée comme le «nouveau front de la guerre contre le terrorisme» dans un Pakistan en proie à une vague d'attentats suicide perpétrés par des islamistes proches du réseau d'Oussama Ben Laden, qui ont fait près de 1300 morts en un peu plus d'un an.

Avant de raconter à la presse avoir échappé à ce nouvel attentat suicide, Asfandyar Wali Khan se trouvait, d'après la police, dans une partie du bâtiment en compagnie d'un proche dans le cadre des fêtes de l'Aïd al-Fitr, qui marquent la fin du mois de jeûne musulman du ramadan.

L'ANP est un parti laïc qui défend les droits des Pachtounes de la région et qui a été la cible de plusieurs attentats perpétrés par des talibans contre ses dirigeants et ses rassemblements politiques lors de la campagne des élections législatives du 18 février.

Ce mois-là, 25 personnes avaient été tuées dans cette même localité de Charsadda par un attentat suicide visant un meeting de l'ANP. Une autre attaque suicide en décembre 2007, toujours à Charsadda, avait fait

56 morts et un attentat à la bombe dans cette bourgade avait fauché 28 Pakistanais en avril 2007.

«Que je sois mort ou vivant, j'ai confiance en mon parti et en ses militants pour poursuivre la lutte», a lancé M. Khan.

Après les élections de février, l'ANP avait rejoint la coalition gouvernementale conduite par le Parti du peuple pakistanais (PPP) de la défunte Benazir Bhutto.

Rehman Malik, qui exerce les fonctions de ministre de l'Intérieur, a jugé que «cette attaque contre un dirigeant de cette stature [M. Khan] était une attaque contre le Pakistan». Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, s'est engagé à «déjouer les plans de ceux qui cherchent à ruiner la paix», a rapporté l'agence officielle Associated Press of Pakistan (APP).