Mélamine dans du lait en poudre - Nestlé nie que ses produits aient été contaminés

La multinationale de l'alimentation Nestlé a catégoriquement démenti hier les informations d'un quotidien de Hong Kong voulant que plusieurs de ses laits en poudre pour nourrissons fabriqués en Chine aient été contaminés à la mélamine. Cette substance chimique a causé pour le moment quatre décès chez des enfants. Par ailleurs, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) a assuré de nouveau que les aliments en cause dans cette vaste crise ne sont pas distribués au pays. Mais elle enquête.

Par voie de communiqué, Nestlé s'est voulu rassurante hier en affirmant que les analyses effectuées par le département de la santé publique du gouvernement de Hong Kong n'ont pas révélé la présence de mélamine, contrairement à ce qu'a avancé dans son édition de dimanche le quotidien local Apple Daily. Un produit était montré du doigt, le Nestlac Gold 1+. Selon le géant de l'alimentation, cet aliment est «sécuritaire, et aucune trace de mélamine n'a été détectée», prétend la compagnie. Pour sa part, le gouvernement de Hong Kong a indiqué avoir trouvé des traces de mélamine dans des produits Nestlé, mais en des quantités infimes qui ne font pas peser de risques pour la santé.

C'est la première fois depuis le début de la crise de la mélamine dans le lait en poudre pour nourrisson qu'un cas d'intoxication est détecté en dehors de la Chine continentale. À Hong Kong, une fillette de quatre ans fait partie désormais des victimes après avoir consommé du lait de marque Yili, un important fabricant chinois.

Inquiétude dans le monde

En dépassant désormais les frontières traditionnelles de la Chine, la découverte de laits contaminés pourrait rapidement semer l'inquiétude ailleurs dans le monde où une grande quantité de produits chinois, alimentaires ou non, sont de plus en plus vendus. Jusqu'à maintenant, ces laits ont été à l'origine de 6200 cas d'intoxication en Chine. La mélamine, consommée à grande dose, est à l'origine de calculs rénaux qui peuvent engendrer une déficience des reins. La substance chimique aurait été intentionnellement ajoutée afin d'accroître la teneur de ces laits en protéines.

Tout en affirmant que les produits suspects ne sont pas distribués au Canada, l'ACIA indique toutefois avoir amorcé dans les derniers jours «une grosse enquête» afin de vérifier si de la mélamine pouvait avoir été introduite dans des produits laitiers pour nourrissons vendus au pays, a indiqué hier Marc Richard, porte-parole de l'agence. Pour le moment, aucun produit suspect n'a été trouvé.

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Avec La Presse Canadienne