Zimbabwe - Mugabe et Tsvangirai s'entendent sur la formation d'un gouvernement

Harare — Le parti du président zimbabwéen Robert Mugabe a conclu hier un accord de partage du pouvoir avec le MDC de l'opposant Morgan Tsvangirai, ce qui pourrait mettre fin à la crise post-électorale dans laquelle se débat le pays, ont annoncé les deux parties.

L'accord sera formellement signé lundi, a annoncé le médiateur dans la crise, le président sud-

africain Thabo Mbeki.

Mbeki a déclaré que la Zanu-FP de Mugabe et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) s'étaient mis d'accord sur toutes les questions litigieuses et qu'ils présenteraient un gouvernement d'union nationale lundi.

«Tous les négociateurs», à savoir le président Robert Mugabe, le chef de l'opposition Morgan

Tsvangirai et le dirigeant d'une faction dissidente, Arthur Mutambara, «ont avalisé le document et l'ont signé», a-t-il ajouté.

Les détails sur «la constitution et la composition d'un gouvernement comprenant toutes les parties seront annoncés lundi», lors d'une cérémonie à laquelle assisteront des dirigeants de l'Afrique australe et du continent, a continué M. Mbeki.

«Je suis absolument certain que les dirigeants du Zimbabwe sont décidés à appliquer ces accords [...] c'est un dénouement qui résulte de décisions auxquelles sont arrivés les dirigeants du Zimbabwe», a dit Mbeki.

Tsvangirai et Mugabe s'opposent l'un à l'autre depuis une décennie. Tsvangirai, qui avait devancé Mugabe au premier tour de l'élection présidentielle le 29 mars dernier, s'était retiré du second tour organisé en juin en invoquant des violences et des manoeuvres d'intimidation visant ses partisans.

Seul en lice, Mugabe, chef de l'État depuis 1980, a été proclamé vainqueur du scrutin,, mais cette réélection contestée lui a valu les foudres des chancelleries occidentales ainsi que de nouvelles sanctions internationales.

Le pays espèrent qu'un accord politique permettra de redresser une économie en lambeaux. L'inflation dépasse 11 millions % au Zimbabwe, qui est en proie à de graves pénuries de produits alimentaires et de carburant. Cette situation a poussé des millions d'habitants à chercher de quoi subsister dans les pays voisins, ce qui a créé des tensions avec les populations locales.

«C'est fait au Zimbabwe, c'est fait par les Zimbabwéens, le reste du monde doit respecter le fait que le peuple du Zimbabwe ait pris une décision au sujet de son pays», a déclaré Mbeki.

Le chef de l'État sud-africain a ajouté qu'une cérémonie de signature officielle se déroulerait en principe lundi à Harare en présence de dirigeants régionaux.

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