Afghanistan - Le nombre de victimes civiles a triplé en trois ans

L'organisation Human Rights Watch a déploré hier dans un rapport le nombre élevé de victimes civiles à la suite de raids aériens occidentaux en Afghanistan, quelques heures après que l'armée américaine eut annoncé une nouvelle enquête sur un bombardement qui en aurait fait plus de 90, surtout des femmes et des enfants, dans l'ouest de ce pays le mois dernier.

De nouvelles images vidéo enregistrées sur un téléphone portable tendent à confirmer ce bilan avancé par le gouvernement afghan et appuyé par une enquête de la mission des Nations unies en Afghanistan, mais que le Pentagone et l'OTAN contestaient jusqu'ici. Les images montrent des cadavres alignés dans la mosquée d'Azizabad (province d'Hérat), le village où le drame s'est produit le 22 août, selon des sources de l'OTAN citées par plusieurs médias, dont l'AFP, qui en a obtenu une copie.

Un rééxamen

«Au vu de nouveaux indices [...], j'estime prudent de requérir du commandement central américain l'envoi d'un officier général pour réexaminer l'enquête américaine et ses conclusions», a déclaré le commandant américain des forces de l'OTAN, le général David McKiernan, dans un communiqué émis dimanche.

Le 2 septembre, Operation Enduring Freedon (OEF), la coalition commandée par les États-Unis (distincte de la force militaire de l'OTAN), avait confirmé la mort de cinq à sept civils seulement, et de 30 à 35 talibans, au cours du bombardement, sur la foi d'une enquête reposant notamment sur des images satellite.

Le raid d'Azizabad suivait de peu une autre bavure, au cours de laquelle l'aviation américaine avait tué neuf policiers afghans, le 20 juillet, dans la province voisine de Farah.

321 victimes

Dans un rapport publié hier, l'organisation Human Rights Watch, basée à New York, a noté que le nombre de civils tués lors de bombardements de l'OTAN ou d'OEF en Afghanistan avait triplé entre 2006 et 2007 (passant de 116 à 321).

« Les erreurs commises par les États-Unis et l'OTAN ont fait chuter de façon spectaculaire le soutien de la population au gouvernement afghan et à la présence des forces internationales censées apporter la sécurité aux Afghans», juge l'organisation de défense des droits.

HRW se demande si la coalition OEF et l'OTAN prennent toutes les précautions exigées par les Conventions de Genève pour éviter de frapper des civils et recommande instamment qu'elles le fassent à l'avenir.

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D'après l'Agence France-Presse

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