Ali, à jamais?

Tunis — Les Tunisiens ont voté hier par référendum pour modifier la Constitution et permettre notamment au président Zine el-Abidine Ben Ali de rester à la tête du pays au moins jusqu'en 2014.

Au cours de ce scrutin — le premier référendum national depuis l'indépendance en 1956 —, les quelque 3,6 millions d'électeurs inscrits étaient conviés à se prononcer sur des amendements concernant la moitié des 78 articles de la Loi fondamentale. Les opposants estiment que ce référendum vise en fait à amender deux articles clés de sorte que Ben Ali, âgé de 65 ans, puisse rester au pouvoir pratiquement à vie. Les articles 39 et 40 amendés annulent la limitation du nombre de mandats présidentiels — actuellement fixé à trois — et étendent l'âge limite des candidats à la présidence de 70 à 75 ans. Un autre article garantit aux anciens présidents une immunité judiciaire à vie. Les électeurs étaient appelés à dire «oui» par un bulletin blanc, ou «non» par un bulletin noir, à l'ensemble du projet de révision constitutionnelle.