La santé chancelante du pape marque la fin de sa visite en Bulgarie

Plovdiv — Les spéculations sur la santé chancelante de Jean-Paul II ont marqué la dernière journée de la visite du pape en Bulgarie, qui a béatifié hier à Plovdiv trois prêtres bulgares exécutés par les communistes.

Le souverain pontife, âgé de 82 ans, est une nouvelle fois apparu très éprouvé physiquement lors du rite de béatification célébré en présence de quelque 10 000 fidèles, dont certains venus de Roumanie, de Grèce, de Macédoine et de Pologne. Fait sans précédent, le pape, qui est atteint de la maladie de Parkinson, a refusé de porter la mitre, le couvre-chef liturgique symbole de la dignité épiscopale. Lorsqu'elle lui a été présentée pendant une cérémonie, il l'a écartée d'un geste agacé, comme s'il avait du mal à la supporter.


Interrogé sur la capacité du souverain pontife à entreprendre d'autres voyages, le Vatican a indiqué que, «pour l'instant, il n'y avait aucun changement dans le programme des voyages prévus». Jean-Paul II doit participer le 23 juillet aux Journées mondiales de la jeunesse à Toronto avant de se rendre à Guatemala City et à Mexico.


Jean-Paul II était arrivé jeudi en Bulgarie, pays à 80 % orthodoxe, pour une visite pastorale — la 96e de son ministère — aux 60 000 catholiques du pays (0,75 % de la population) et pour promouvoir le dialogue oecuménique avec l'Église orthodoxe, dont le représentant le plus prestigieux, le patriarche Alexis II de Moscou, observe une attitude polémique à l'égard de l'Église catholique.


Le patriarche orthodoxe bulgare Maxim, considéré comme proche du patriarche russe, avait accueilli Jean-Paul II avec tiédeur vendredi, se bornant à serrer la main au souverain pontife, mais sans donner la traditionnelle accolade de paix au pape, qui lui avait pourtant ouvert ses bras. Jean-Paul II a quitté Plovdiv pour Rome en début de soirée. En prenant congé des autorités bulgares à l'aéroport, le pape a déclaré que «si quelqu'un venant de Bulgarie devait passer près de chez moi durant la nuit, au milieu des difficultés de la vie, il trouvera toujours à ma fenêtre une lampe allumée».