L'avantage de Galileo sur le GPS

Le GPS, dans sa version actuelle, présente une grande lacune. Il ne diffuse pas d'informations sur l'intégrité des signaux émis. «Vous recevez votre signal mais vous ne savez pas s'il est bon ou s'il est erroné», explique Bernard Mathieu, directeur de... au CNES à Paris. Avant que les Américains ne réalisent que l'un de leurs satellites est tombé en panne, il peut se passer des heures. L'été dernier, ils ont mis six heures avant d'annoncer la défectuosité d'un satellite. Or, quand la sécurité des gens est en jeu comme dans les transports, il faut être informé dans la seconde.»

Selon la configuration du système Galileo, le message d'intégrité accompagnera chaque signal émis en direction des récepteurs et préviendra du même coup les usagers de sa validité. Si un signal est faussé en raison d'un dysfonctinnement du satellite qui le diffuse, il sera recommandé à l'utilisateur de ne pas tenir compte de ce satellite dans le calcul de sa position.


Comment Galileo validera-t-il les signaux lancés par sa constellation de satellites? Par un réseau de stations de surveillance disposées au sol qui sera complètement indépendant du système élaborant les signaux de positionnement et de datation.


Chaque station calcule sa position à partir des signaux qu'elle reçoit des satellites du système, explique M. Mathieu. Or, comme toutes les stations connaissent leur localisation avec une précision centimétrique, elles peuvent ainsi évaluer si la mesure effectuée à partir de l'exploitation des signaux est correcte. Une mesure fausse révèle ainsi que le signal d'un satellite est anormal.


Les stations transmettent ces informations à un centre de calcul qui les comptabilise et les renvoie aux satellites. Ceux-ci les diffusent finalement aux utilisateurs en association avec le signal de positionnement et de temps.


Les Américains, les Européens et les Japonais apportent actuellement des améliorations au GPS. Par l'installation d'un réseau de balises au sol comparable à celui prévu pour Galileo, ils espèrent ainsi valider les signaux provenant des satellites du GPS. Il est prévu que les données sur l'intégrité des signaux soient ensuite rassemblées en un lieu avant d'être acheminées vers un satellite géostationnaire qui distribuera aux utilisateurs un signal de type GPS contenant les informations sur l'état de marche des satellites.