Conflit au Cachemire - L'Inde rejette tout dialogue

Islamabad et New Delhi — L'Inde a fermement rejeté hier les appels au dialogue avec le Pakistan qui a, pour sa part, cherché à internationaliser la crise.

Les échanges d'artillerie se sont, par ailleurs, poursuivis dans plusieurs secteurs sur la Ligne de Contrôle séparant les parties indienne et pakistanaise du Cachemire, dans l'Himalaya.


Depuis une semaine, les bombardements ont provoqué la mort d'au moins 33 personnes (9 côté indien, 24 côté pakistanais), selon des bilans policiers. Des milliers de civils ont fui la zone frontalière où sont massés, de part et d'autre, près d'un million de soldats. Le premier ministre indien Atal Behari Vajpayee a cherché hier à temporiser après ses déclarations belliqueuses de la veille et alors qu'Islamabad intensifie ses préparatifs guerriers.


Interrogé sur les risques d'un conflit avec le Pakistan lors d'une conférence de presse au terme de sa tournée de trois jours sur le front du Cachemire, Atal Behari Vajpayee a déclaré que l'horizon lui semblait dégagé tout en ajoutant que «même dans un ciel dégagé, il peut y avoir des éclairs. J'espère qu'il n'y aura pas d'éclairs».


Le premier ministre indien avait estimé mercredi que le moment était venu de «lancer un combat décisif», ajoutant:


«Que notre voisin comprenne ce message ou non, que la communauté internationale en tienne compte ou non, l'histoire sera témoin que nous écrirons une nouvelle page victorieuse.»


Ces déclarations ont poussé Islamabad à intensifier ses préparatifs guerriers hier, consignant les fonctionnaires et appelant les volontaires de la défense civile de la capitale à participer à des séances d'entraînement au secourisme et à la lutte contre les incendies.





Redéploiement


Le Pakistan a également annoncé le rappel de ses forces de maintien de la paix déployées en Sierra Leone, qui sont plus de 4000, et demandé aux Nations unies de jouer les médiateurs auprès de l'Inde.


Le ministre pakistanais de l'Information, Nisar Memon, a ajouté que les soldats mobilisés dans l'ouest du pays pour traquer les miliciens d'al-Qaïda pourraient également être redéployés si nécessaire.


Ces tensions ont conduit la communauté internationale à multiplier les appels à la raison. «Notre message à chacun [des protagonistes] est que la situation est dangereuse et que notre espoir et tous nos efforts visent à les encourager à réduire les tensions le long de leur frontière commune, aussi bien au Cachemire qu'ailleurs», a ainsi déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld.


En dépit d'un ton plus mesuré, Atal Behari Vajpayee a donc rejeté hier l'engagement renouvelé d'Islamabad de lutter contre les rebelles séparatistes basés dans la partie sous administration pakistanaise du Cachemire, estimant qu'il ne s'agit que de la répétition de promesses maintes fois faites mais jamais tenues.


Le Conseil de sécurité du gouvernement indien devait se réunir en fin de journée pour examiner les suites à donner aux dernières déclarations pakistanaises.