Israël se prépare à une vague d'attentats suicide

Jérusalem — Israéliens et Palestiniens ont enterré leurs morts hier sous la menace d'un regain de violences, après de nouveaux attentats en Israël et la reprise des liquidations d'activistes palestiniens.

À Rishon-le-Zion, au sud de Tel-Aviv, plusieurs centaines d'Israéliens, dont de nombreux jeunes, ont participé aux obsèques de leurs deux compatriotes, un adolescent de 16 ans et un sexagénaire, tués la veille dans un attentat suicide.


À Naplouse, en Cisjordanie, environ 5000 Palestiniens ont marché derrière les dépouilles d'un chef militaire local, Mahmoud Titi, de deux de ses camarades activistes et d'un civil, tués mercredi par l'armée israélienne, au milieu d'appels à la vengeance.


Les quatre hommes avaient été tués par un tir ciblé d'obus de char dans le camp de réfugiés de Balata, près de Naplouse.


Israël accuse Titi, chef local des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah (le mouvement du président palestinien Yasser Arafat), d'être impliqué dans des attentats anti-israéliens qui ont fait 11 morts et des dizaines de blessés. D'autre part, deux Palestiniens ont été tués hier dans ce camp, vraisemblablement en manipulant des explosifs en vue de la préparation d'une bombe.


Hier, soit deux semaines après la fin de la vaste opération Rempart en Cisjordanie, le ministre israélien de la Défense, Binyamin ben Eliezer, a affirmé aux journalistes: «Une vague d'attentats suicide est à prévoir», insistant sur le fait qu'il s'agissait bien d'une «vague».


Une de ces attaques a failli provoquer un désastre hier lorsqu'une charge télécommandée a explosé dans un camion-citerne au dépôt de carburant Gelilot, au nord de Tel-Aviv, le plus important d'Israël.


À bord du véhicule, l'explosion a provoqué un incendie qui a été rapidement maîtrisé par les pompiers. Le dépôt a ensuite été fermé quelques heures et sa sécurité a été encore renforcée.


Depuis l'opération Rempart, quatre attentats suicide meurtriers ont été perpétrés en Israël et une trentaine ont été déjoués, bien que 4000 Palestiniens aient alors été faits prisonniers, dont 1100 sont encore détenus.


De crainte d'un nouvel attentat, la police, aidée par l'armée, maintenait un état d'alerte avancé dans la région de Tel-Aviv.