Medvedev l'assure, c'est lui qui gouvernera s'il est élu

Moscou — Si Dmitri Medvedev, dauphin et probable successeur de Vladimir Poutine au Kremlin, remporte l'élection présidentielle du 2 mars, c'est lui, dit-il, qui dirigera la Russie et non son prédécesseur.

«Notre pays était, et demeure, une république présidentielle. Il ne peut pas en être autrement», déclare-t-il dans une interview publiée hier par le magazine russe Itogui.

Poutine a fait savoir qu'il était prêt à devenir premier ministre après son départ de la présidence, et nombreux sont ceux qui considèrent qu'il continuera à exercer le pouvoir effectif en Russie.

À moins de deux semaines de l'élection présidentielle dont il est le grand favori, Medvedev a assuré qu'il serait bien le vrai dirigeant de la Russie. «Il ne peut pas y avoir deux, ou trois, ou cinq centres [de pouvoir]. C'est le président qui gouverne en Russie, et selon la Constitution il ne peut y avoir qu'un seul président.»

«La Russie est un pays fédéral, avec un fort potentiel mais aussi des problèmes, et pas des moindres. Un tel État ne peut être dirigé qu'avec un pouvoir présidentiel fort, quel que soit l'occupant du Kremlin», a ajouté Medvedev.

L'éventualité de conflits personnels liés à la présence de Poutine au gouvernement ne l'inquiète pas. «Ne vous en faites pas. Les décisions seront prises conformément à la Constitution, et le couple président-premier ministre prouvera son efficacité.»

«Vladimir Vladimirovitch [Poutine] et moi nous comprenons très bien: ce couple ne fonctionnera que dans une atmosphère de confiance totale entre partenaires», a-t-il ajouté.

Selon les sondages, Medvedev est, à une écrasante majorité, le grand favori du scrutin présidentiel, en grande partie grâce au soutien que lui a apporté le très populaire Poutine.

Si ce dernier devient premier ministre, la Russie se trouvera dans une situation pour le moins inhabituelle, avec son dirigeant le plus puissant depuis la fin de la guerre froide devenu le subordonné d'un président qu'il a aidé et protégé pendant des années. Poutine a assuré ne pas avoir l'intention de modifier le rôle du premier ministre afin de s'attribuer un pouvoir plus étendu.

Il a toutefois indiqué la semaine dernière qu'il considérait ce poste comme la première place de l'exécutif, ce qui contraste fortement avec la façon dont ses chefs de gouvernements successifs ont été perçus. Poutine avait également déclaré qu'il ne pensait pas accrocher le portrait de Medvedev au mur de son bureau, rompant ainsi avec le protocole russe habituel.