Proche-Orient - Al-Qaïda appelle ses militants à accueillir

Dubaï — À quelques jours du début d'une tournée de George W. Bush au Proche-Orient et dans le Golfe, un militant américain du réseau al-Qaïda a appelé les radicaux islamistes à accueillir le président des États-Unis «non pas avec des fleurs et des applaudissements, mais avec des bombes et des voitures piégées».

La Maison-Blanche a répondu à ce message haineux en mettant en avant un message de paix et d'espoir. «Al-Qaïda n'offre rien d'autre que la mort et la violence», a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, en précisant que la visite du président Bush cette semaine était destinée «à offrir une idéologie de l'espoir».

L'appel hostile a été lancé Adam Yahiye Gadahn dans un message audio et vidéo diffusé hier sur Internet. Gadahn, alias «Azzam l'Américain», est considéré comme le porte-parole anglophone du réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden. Son message a été mis en ligne sur un site souvent utilisé par les groupes islamistes radicaux, mais son authenticité ne pouvait être établie avec certitude dans l'immédiat.

«J'adresse cet appel urgent à nos frères moudjahidines en Palestine et dans la Péninsule des Arabes en particulier et dans la région en général [pour qu'ils soient] prêts à accueillir le croisé, le bourreau Bush, au cours de sa visite en janvier en Palestine la musulmane et dans la péninsule occupée, non pas avec des fleurs et des applaudissements, mais avec des bombes et des voitures piégées», dit-il.

Le président Bush entame sa tournée mercredi en Israël, puis dans les territoires palestiniens, avant de visiter le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et l'Égypte jusqu'au 16 janvier.

Dans son message, «Azzam l'Américain», dont le discours est émaillé de versets coraniques et de psalmodies du Coran, dresse également un bilan des «victoires» des moudjahidines en Afghanistan, en Irak et au Maghreb. Dans un geste de défi aux États-Unis, Gadahn est aussi montré déchirant son passeport américain.

Il s'en est particulièrement pris aux présidents pakistanais Pervez Moucharraf et égyptien Hosni Moubarak, ainsi qu'au roi Abdallah d'Arabie saoudite, dont les pays sont des cibles d'al-Qaïda. Il a terminé son discours par des invocations pour «la victoire des musulmans sur les Juifs, les Américains et leurs alliés».

Californien converti à l'islam en 1995, qui a ensuite épousé la cause de Ben Laden, Gadhan est apparu depuis 2004 dans plusieurs vidéos d'al-Qaïda pour se féliciter des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis et menacer de nouvelles attaques. Né le 1er septembre 1978, il a quitté les États-Unis pour le Pakistan en 1998, selon la police fédérale américaine (FBI).

Dans son précédent message, le 5 août, Gadahn avait annoncé des attentats partout dans le monde, en particulier dans le Golfe contre les ambassades et consulats occidentaux. Le 29 mai 2007, il avait sommé les États-Unis de retirer leurs forces de tous les territoires musulmans.

Conversion tardive

La visite du président Bush Israël et dans les territoires palestiniens est la première depuis sa prise de fonction il y a sept ans. Instruit par les échecs de tous ses prédécesseurs, le chef de la Maison-Blanche avait jusque-là soigneusement évité de s'investir personnellement dans la recherche d'un règlement.

Mais depuis la réunion, fin novembre à Annapolis, d'une conférence de paix consacrée à la création d'un État palestinien, il semble à son tour succomber à la quête d'une insaisissable solution. Cette conversion tardive ne laisse pas de provoquer la perplexité, tant la réalité et la fermeté de son engagement personnel restent à démontrer.

Aux yeux de nombreux analystes, pour que les Israéliens et les Palestiniens surmontent des décennies d'antagonismes, il faudra un engagement personnel, direct et soutenu du président américain.

À trois jours de son arrivée à Jérusalem, Bush et son entourage n'en restent pas moins vagues quant aux objectifs de cette visite et cherchent à minimiser les résultats à en attendre.

Chose certaine, Bush n'a nullement l'intention de forcer la main à Olmert et Abbas ni de leur fixer des ultimatums. Même si les deux hommes doivent se revoir avant son arrivée, le président américain ne prévoit même pas de les réunir en un sommet tripartite.

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