Les restes de Chandra Levy retrouvés

Washington — La jeune Chandra Levy, dont la disparition avait passionné les médias américains l’an dernier en raison de sa liaison avec un parlementaire, a été retrouvée morte hier à Washington, mais le mystère de sa mort subsiste.

«Le corps est bien celui de Chandra Levy», a déclaré le chef de la police locale, Charles Ramsey. Quelques heures plus tôt, un promeneur, en balade avec son chien, avait découvert des ossements humains et des morceaux de vêtements dans une forêt du nord de la capitale fédérale américaine.

La jeune fille de 24 ans avait disparu subitement le 30 avril 2001, laissant toutes ses affaires dans son appartement situé à quelques kilomètres de là.

Après l’avoir démenti, le représentant démocrate de la Californie, Gary Condit, avait avoué une liaison avec Chandra Levy. Mais il a toujours démenti avec force ignorer les conditions de la disparition de la jeune Californienne, venue à Washington pour effectuer un stage dans une administration.

Marié et père de deux enfants, grand-père, Gary Condit, âgé de 54 ans, va devoir renoncer à son siège de député, qu’il occupait depuis une douzaine d’années. Miné par le scandale, traqué par le soupçon, cet homme aux cheveux en brosse, photogénique, a été battu en mars lors d’une primaire pour l’investiture démocrate en vue des prochaines élections législatives.

Confiée à la brigade criminelle, «l’enquête va maintenant porter sur les circonstances de sa mort», a déclaré Charles Ramsey. Mais le policier s’est refusé à ce stade-ci à parler d’homicide ou à mentionner des suspects. L’enquête médico-légale se poursuit, a-t-il dit.

Certains experts se montraient pessimistes hier soir sur la possibilité d’éclaircir entièrement les causes de la mort de la jeune fille, identifiée par sa dentition, car les restes ont été retrouvés après plusieurs mois d’exposition aux intempéries dans le Rock Creek Park.

Grand comme trois fois Central Park à New York, ce long bois vallonné bordant de beaux quartiers résidentiels de Washington et de sa banlieue nord attire promeneurs et joggeurs.

Les enquêteurs avaient pourtant passé de vastes zones du parc au peigne fin, mais le mystère était resté entier depuis de longs mois.

D’après des télévisions, Chandra Levy portait un survêtement de sport et un baladeur, et la police privilégierait la thèse du meurtre.

L’été dernier, l’affaire avait quasiment obnubilé la presse américaine, en particulier les chaînes câblées, qui en avaient fait un feuilleton estival en continu. Les attentats du 11 septembre ont bien entendu mis fin à ce battage médiatique qui rappelait l’affaire Monica Lewinsky.

Hier, ces mêmes télévisions ont de nouveau consacré l’essentiel de leur temps d’antenne à la macabre découverte et au rappel de l’affaire.

En août dernier, le président américain George W. Bush, refusant de commenter «rumeurs et ragots», avait dit prier pour que la jeune femme soit en vie.

Depuis leur maison de Modesto (Californie), Robert et Susan Levy avaient multiplié les entrevues afin que le sort de leur fille (et l’enquête policière) reste d’actualité. Ils ont régulièrement accusé Gary Condit de mensonge, mais ce dernier, bien qu’entendu plusieurs fois par les policiers, n’est pas considéré comme un suspect. Un grand jury (chambre d’accusation) a cependant été saisi.

Interviewés sur la chaîne ABC avant l’annonce de la découverte, les parents de la jeune femme ont répété leur détresse hier matin. À la question de savoir si Gary Condit connaissait la vérité sur la disparition de leur fille, Susan s’est exclamée: «Bien sûr qu’il la connaît.»