Le Venezuela bientôt à sec?

Les consommateurs emmagasinent à Cararas alors qu’au 18e jour de grève générale s’installe la pénurie alimentaire.
Photo: Agence Reuters Les consommateurs emmagasinent à Cararas alors qu’au 18e jour de grève générale s’installe la pénurie alimentaire.

Caracas - Les pénuries d'essence et de certains produits alimentaires se faisaient de plus en plus ressentir hier au Venezuela au 18e jour d'une grève générale, entrant dans une «phase critique», selon l'opposition, pour l'approvisionnement de la population.

Les files d'attente ne concernaient plus uniquement les stations-service, en rupture de stock en raison de la paralysie du secteur pétrolier, mais également certains supermarchés ouverts malgré la grève, où les clients nerveux se pressaient, en province surtout, et où des produits, tels le pain et le lait, commencent à se raréfier.

«Le pays entrera dans les prochaines heures dans un état critique en ce qui concerne l'approvisionnement et la livraison de tous les combustibles, y compris le gaz domestique», a averti Carlos Ortega, leader de la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), organisatrice de la grève avec l'opposition de droite et la fédération patronale Fedecamaras visant à pousser le président populiste de gauche Hugo Chavez à la démission.

Pour garantir la sécurité alimentaire de la population, le gouvernement a adopté plusieurs décrets autorisant notamment l'armée à utiliser des moyens de transport privés pour assurer la distribution des combustibles et de l'alimentation.

Ces décrets visent également à éviter l'«accaparement» de produits alimentaires à la suite des plaintes déposées auprès de l'Institut de défense du consommateur (INDECU), dénonçant «des établissement pleins de produits alimentaires qui profitent de la situation pour augmenter les prix».

Selon Juan Vaquero, président de la société Fenegas, qui regroupe les propriétaires de stations-service, 70 % des pompes à essence de Caracas «sont à sec». Sur les 1720 stations du pays, 60 % sont fermées, a-t-il dit.

La pénurie de combustible, réduisant les activités des conducteurs d'autobus et de taxis, affecte également le secteur agricole, notamment les producteurs de riz, qui ne peuvent plus assurer l'irrigation, mettant ainsi en péril leurs récoltes, et les éleveurs, dont la production de lait a fortement diminué.

Selon la Fédération vénézuélienne des boulangeries, 15 % des établissements ont fermé leurs portes depuis le début de la grève, faute de farine. Si la grève se poursuit, la quasi-totalité des boulangeries seront contraintes à la fermeture d'ici une semaine, a-t-elle averti.

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