L'ONU accuse Bogotá de passivité

Bogotá — Dans un rapport accablant, les Nations unies accusent le gouvernement et les forces armées colombiennes de ne pas avoir su prévenir des affrontements entre rebelles d'extrême gauche et paramilitaires d'extrême droite, qui ont tué au moins 45 enfants et 74 adultes ce mois-ci.

L'ONU estime que le gouvernement a ignoré des avertissements émanant d'elle mais aussi de sa propre commission des droits de l'homme. Elle ajoute que l'armée, la marine et la police devraient faire l'objet d'une enquête pour avoir laissé des membres des forces paramilitaires atteindre les zones où se sont déroulés les combats. Ces meurtres ont eu lieu le 2 mai, date à laquelle une bombe lancée par les rebelles des FARC et destinée à des paramilitaires avait détruit une église où environ 500 civils s'étaient réfugiés, dans la région de Bella Vista. De nombreux cadavres sont restés sur place pendant quelques jours, en raison des combats, puis ont été jetés dans des fosses communes. L'armée n'est arrivée à Bella Vista que le 8 mai, soit bien plus tard que les ONG et de nombreux journalistes.