Les Kurdes d'Irak sont déterminés à se défendre

Patrouille turque à la frontière.
Photo: Agence Reuters Patrouille turque à la frontière.

Erbil — La présidence du Kurdistan d'Irak, décidée à protéger l'autonomie de cette province du nord du pays, a rejeté hier toute intervention extérieure pour chasser les opposants au pouvoir turc qui y ont trouvé refuge.

En même temps, Ankara a repoussé l'offre des autorités du Kurdistan irakien d'ouvrir des négociations directes sur la présence dans la région des combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement séparatiste actif depuis 1984.

Le gouvernement turc a reçu cette semaine le feu vert du Parlement pour une incursion contre les bases du PKK en Irak, qui abriteraient quelque 3500 combattants qu'Ankara accuse de mener des opérations meurtrières sur son sol.

Cette tension inquiète les États-Unis, pris entre les intérêts contradictoires de deux entités amies: Ankara, un allié sûr au sein de l'OTAN, et le Kurdistan, un îlot de stabilité dans un pays plongé dans la violence. À Erbil, capitale du Kurdistan, le bureau du président de la province autonome, Massoud Barzani, a averti «tous les protagonistes» que les autorités locales étaient «totalement déterminées à défendre [leur] expérience démocratique».

Cette mise en garde a suivi la suggestion du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, selon laquelle les forces américaines et irakiennes pourraient agir contre les rebelles du PKK.

Le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki, qui a très peu d'influence sur la situation au Kurdistan et n'y a pas de forces militaires, s'est donné comme objectif d'éliminer la présence du PKK, qualifié d'organisation «terroriste».

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifié de «positive» la détermination du gouvernement de Bagdad.

Toutefois, pour le bureau de M. Barzani, «l'expérience des dernières années démontre que cette crise ne doit pas être résolue dans la violence».

Depuis qu'il a été placé sous la protection des États-Unis, en 1991, après la guerre du Golfe, le Kurdistan, qui a son propre gouvernement et son parlement, a pris ses distances avec l'État central irakien.

La présidence kurde a par ailleurs démenti les accusations d'Ankara selon lesquelles les Kurdes d'Irak apportent un appui logistique et militaire aux rebelles du PKK.