Une guerre pourrait coûter entre 99 et 2000 milliards

Washington — Une guerre contre l'Irak pourrait coûter entre 99 milliards et plus de 1900 milliards de dollars sur dix ans, selon une étude de l'Académie américaine des arts et des sciences. Dans le pire des scénarios, le conflit pourrait donc engloutir l'équivalent d'un budget annuel, estiment les chercheurs dans cette étude parue jeudi.

L'estimation basse se fonde sur l'hypothèse d'une campagne militaire et diplomatique réussie, alors que l'hypothèse haute table sur une guerre prolongée avec une perturbation des marchés pétroliers et une récession aux États-Unis. Du côté de la Maison-Blanche, on estime qu'il est prématuré de parler de coûts. «La guerre n'est qu'en dernier ressort. Nous espérons tous une solution pacifique», a commenté le porte-parole Gordon Johndroe.

Selon l'étude intitulée Guerre en Irak: coûts, conséquences et alternatives, des dépenses militaires directes iraient de 50 milliards de dollars en cas de campagne courte à 140 milliards en cas de conflit prolongé. Les frais d'occupation et de maintien de paix s'élèveraient à 75 milliards au mieux et à 500 milliards au pire. Reconstruction et développement coûteraient entre 30 et 105 milliards, alors que l'aide humanitaire est estimée entre un et dix milliards.

Mais les conséquences économiques d'une guerre iraient bien au-delà d'un alourdissement du budget: il faudrait aussi prendre en compte la hausse du baril, le ralentissement de la croissance et peut-être même une récession, pensent les chercheurs.

Une perturbation durable des marchés pétroliers mondiaux pourrait coûter jusqu'à 778 milliards de dollars à l'économie américaine, ajoute l'étude. D'un autre côté, les énormes ressources pétrolières irakiennes seraient suffisantes pour satisfaire la demande américaine pendant près d'un siècle, soulignent-ils.

En cas d'issue favorable, l'impact macroéconomique — y compris sur l'emploi — apportera 17 milliards. Mais en cas de bourbier, il en coûtera 391 milliards de dollars, ajoutent les chercheurs du Comité d'étude sur la sécurité internationale au sein de l'Académie.