Côte d'Ivoire - Les soldats français découvrent un charnier

Abidjan - Les troupes françaises déployées le long de la ligne de front entre rebelles et forces gouvernementales en Côte d'Ivoire ont annoncé hier avoir découvert un charnier dans l'ouest du pays.

Le site mesure 30 mètres de long sur deux de large et des membres humains dépassent de la terre dont ils ont été fraîchement recouverts. «Nous ignorons combien de corps il contient, qui a tué ces gens et quand. Ce n'est pas notre mission d'exhumer les cadavres et nous nous contentons de signaler ce que nous avons trouvé», a déclaré à Reuters le lieutenant-colonel Ange-Antoine Leccia, porte-parole du contingent français.

Le charnier a été découvert jeudi soir à Mohoko Zohi, à 70 km au nord-ouest du centre cacaoyer de Daloa, zone en principe sous contrôle des rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI) qui ont déclenché le 19 septembre un soulèvement ayant eu pour effet de couper le pays en deux.

Le village se trouve non loin de la zone où les deux camps se sont affrontés la semaine dernière, à la suite d'une incursion de l'armée au nord de la ligne de cessez-le-feu que le gouvernement avait accusé alors les rebelles d'avoir violée.

Selon le lieutenant-colonel Leccia, les rebelles ont déclaré ne pas avoir été au courant auparavant de l'existence de ce charnier. Leccia a précisé que l'armée en avait officiellement avisé les autorités d'Abidjan, en même temps que le gouvernement français.

Depuis le 19 septembre et jusqu'à la trêve précaire proclamée le 17 octobre, des centaines de personnes ont été tuées en Côte d'Ivoire et les deux camps se sont accusés d'avoir commis des exécutions sommaires. Les Nations unies ont prévenu les belligérants que tout crime de guerre relèverait de la justice pénale internationale.

Les négociations engagées à Lomé entre le gouvernement ivoirien et le MPCI sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) piétinent, et la situation s'est encore dégradée la semaine dernière avec l'apparition de deux nouveaux groupes rebelles dans le Grand Ouest, en bordure de la frontière libérienne.