Grève générale au Venezuela - Chavez envoie la troupe autour des installations pétrolières

L’opposition a une fois de plus réclamé la démission du président Hugo Chavez.
Photo: Agence Reuters L’opposition a une fois de plus réclamé la démission du président Hugo Chavez.

Caracas - Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a déployé l'armée autour des sites pétroliers du pays afin de garantir les livraisons, dénonçant aussi un complot pour le renverser, au quatrième jour d'une grève générale lancée par l'opposition, qui réclame son départ du pouvoir.

«Je garantis la protection [des installations pétrolières] avec les forces armées», a déclaré M. Chavez dans un message à la nation en garantissant aussi les approvisionnements des clients du Venezuela, cinquième exportateur et huitième producteur mondial de brut.

Seul membre latino-américain de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), il produit quelque 2,49 millions de barils par jour et est, avec l'Arabie Saoudite et le Mexique, l'un des principaux fournisseurs des États-Unis.

M. Chavez a précisé avoir «donné des instructions aux commandants des zones où se trouvent des installations pétrolières» en ajoutant que «l'État garantit le fonctionnement de la société Petroleos de Venezuela [PDVSA]».

Cette grève générale, la quatrième en un an, a été déclenchée lundi par la Confédération des travailleurs du Venezuela (CTV), la fédération patronale Fedecamaras et la Coordination démocratique (CD), regroupant des partis et associations d'opposition.

Elle a été marquée depuis mardi soir par de nombreuses manifestations contre M. Chavez. D'autres manifestations étaient prévues hier à Caracas et en province.

Le président a dénoncé le fait que des secteurs «putschistes alliés à l'opposition [...] annoncent des actions. Donc, un plan de déstabilisation commence. Un plan qui prétend déstabiliser, comme en avril, est en marche», a-t-il dit en référence au coup d'État des 12 et 13 avril derniers.

L'opposition à M. Chavez, 48 ans, élu en 1998 et réélu en 2000 pour six ans, réclame un référendum consultatif afin de décider de son maintien ou non au pouvoir. Le Conseil national électoral (CNE) a convoqué cette consultation pour le 2 février mais sa décision

est susceptible d'un recours du gouvernement.

Estimant que la grève est aussi «un plan contre l'industrie pétrolière», le chef de l'État a accusé des secteurs déstabilisateurs d'avoir «pointé leurs canons» contre la holding publique PDVSA et annoncé des mesures «contre ceux qui paralysent le travail de cette entreprise».

«Quel est le plan des putschistes et de leurs alliés? La privatisation de Petroleos de Venezuela, arracher le coeur des Vénézuéliens!», a-t-il lancé.

Il a qualifié d'«acte de piraterie» l'ancrage par des grévistes du pétrolier Pilin Leon, chargé de

280 000 barils de carburants, mercredi dans le canal du lac de Maracaibo (environ 600 kilomètres à l'ouest de Caracas), et précisé qu'«un groupe de commandos militaires était parti» pour «le récupérer» et «arrêter le capitaine».

Capitaine gréviste

Deux autres pétroliers, le Moruy et le Morichal, ont été ancrés hier dans le canal, action qualifiée d'illégale par le gouvernement.

Les trois pétroliers appartiennent à PDV Marina, filiale de transport maritime de PDVSA, qui en possède 13 au total.

«À aucun moment nous n'avons l'intention d'obstruer le canal de navigation, ni d'endommager les navires. [...] Nous nous joignons à la grève afin de réclamer des solutions pour le pays», a déclaré le capitaine du Moruy, César Vicente.

Affirmant que le Moruy et le Morichal étaient vides et ne présentaient donc aucun danger, il a signalé avoir été informé que des officiers de la marine militaire allaient prendre le contrôle de son navire. «Nous n'opposerons pas de résistance», a-t-il souligné.

Le vice-ministre de l'Énergie, Bernardo Alvarez, a qualifié la

situation d'«extrêmement dangereuse». «C'est puni par la loi. Un dommage irréparable peut être causé à la nation» en affectant l'approvisionnement en carburant,

a-t-il déclaré.

Globovision a montré des images des navires dans le canal, sur les rives duquel s'étaient rassemblées des dizaines de personnes tapant sur des casseroles et criant «Nous n'avons pas peur!» en solidarité avec les équipages.