Un inspecteur très spécial

New York (Nations unies) — Une porte-parole de l'ONU a indiqué, vendredi dernier, que l'inspecteur en désarmement américain mis en cause la veille par le Washington Post pour sa participation à un groupe sado-masochiste restait membre de la commission d'inspection. Le chef de la commission d'inspection (Cocovinu), Hans Blix, «n'a pas l'intention de licencier» cet inspecteur, qui est «un expert technique hautement qualifié et compétent, a indiqué la porte-parole Hua Jiang. Aucun écart de conduite n'a été signalé».

L'inspecteur Harvey Jack McGeorge, 53 ans, spécialiste des munitions, a fait l'objet d'un article à la une du Washington Post illustrant les «failles» dans le recrutement des inspecteurs en désarmement.

L'article se fondait sur des critiques d'anciens inspecteurs ayant participé à la commission précédente (Unscom), mais n'ayant pas été recrutés pour participer à la mission actuelle, ce qu'ils attribuent à un choix de M. Blix de privilégier une approche «non agressive» avec Saddam Hussein. En 1998, l'Unscom avait été discréditée par les activités d'espionnage de certains de ses membres. Président d'un cabinet de consultants spécialisé dans les questions de guerre chimique et bactériologique depuis 1981, Jack McGeorge est un ancien marine formé à la destruction d'explosifs. Il a été six ans dans les services secrets, comme spécialiste des munitions.

Ces dernières années, il a été régulièrement consulté par Newsweek ou CNN à propos d'attentats ou de bioterrorisme. Sa vie sexuelle n'avait encore jamais soulevé de problèmes.

Il ne cache pas qu'il a présidé la Coalition nationale pour la liberté sexuelle (NCSF) de Washington. Sur Internet, il fait très publiquement campagne en faveur d'un mouvement «pansexuel» sado-masochiste appelé Black Rose.

«Je suis ce que je suis. Et je n'en ai pas honte. Mais je ne peux pas permettre que mes actes, ou la manière dont ils peuvent être perçus par d'autres, causent du tort à une organisation qui n'a rien fait pour le mériter», a dit McGeorge. À l'ONU, certains ont été ulcérés par cette attaque «venue non d'un pays musulman mais des États-Unis».