Attentats au Kenya - Israël soupçonne al-Qaïda

Soldats israéliens dans les rues d’Hébron hier. Dans la bande de Gaza, les forces israéliennes ont abattu deux personnes lors d’un raid. Quelques heures plus tard, un hélicoptère de Tsahal blessait quatre personnes en tentant d’abattre des act
Photo: Agence Reuters Soldats israéliens dans les rues d’Hébron hier. Dans la bande de Gaza, les forces israéliennes ont abattu deux personnes lors d’un raid. Quelques heures plus tard, un hélicoptère de Tsahal blessait quatre personnes en tentant d’abattre des act

Jérusalem — Israël soupçonnait hier le réseau al-Qaïda d'Oussama ben Laden d'avoir perpétré le double attentat de jeudi au Kenya, dont les trois morts israéliens ont été enterrés dans la journée.

Dans les territoires palestiniens l'armée israélienne a concentré ses attaques sur la bande de Gaza, tuant deux Palestiniens au cours d'une opération punitive menée dans la nuit de samedi à dimanche, puis en blessant trois autres dans une tentative avortée de liquidation d'activistes armés.

Les soupçons sur la responsabilité d'al-Qaïda dans les attentats anti-israéliens de Mombasa, au Kenya, «se renforcent», même si Israël «ne dispose pas encore de preuves tangibles concernant cette implication», a dit le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz.

C'est la première fois qu'un responsable israélien met officiellement en cause le réseau terroriste d'Oussama ben Laden. Auparavant, le secrétaire général du Parti travailliste Ofer Pines avait déclaré que ces attentats traduisaient un «échec» du Mossad (services secrets).

L'attentat suicide à la voiture piégée perpétré jeudi contre un hôtel de Mombasa (Kenya) a fait 13 morts, dont trois Israéliens, en plus des trois kamikazes; cinq minutes plus tôt, un charter israélien transportant 261 passagers, avait échappé à deux missiles tirés juste après son décollage.

À Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, l'armée israélienne a mené une vaste incursion pendant la nuit, destinée notamment à raser des maisons d'activistes, au cours de laquelle deux Palestiniens ont été tués.

Le corps d'un vieillard a été retrouvé hier dans les décombres de sa maison, l'une des trois habitations détruites par l'armée.

Dans ce bâtiment de cinq étages, vivait son fils, activiste du Jihad islamique, recherché par Israël pour implication dans un attentat suicide meurtrier à Tel-Aviv en 1996.

Le père, qui est sourd et quasiment aveugle, dormait sur la terrasse et n'aurait pas entendu les consignes des soldats d'évacuer la maison.

Un autre Palestinien a été tué par l'armée israélienne à Beit Lahia dans des échanges de tirs entre soldats et Palestiniens armés. Quelques heures plus tard un hélicoptère d'assaut israélien tirait deux missiles sur une voiture dans la même région, blessant trois Palestiniens, dont deux jeunes, qui passaient à proximité.

D'autre part, l'ambassadeur d'Israël à l'ONU Yéhouda Lancry a été désavoué hier en conseil des ministres par le Premier ministre Ariel Sharon et le chef de la diplomatie Benjamin Nétanyahou après avoir affirmé vendredi à l'Assemblée générale des Nations unies que son pays acceptait le principe de «deux États [israélien et palestinien] vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité».