L'armée ivoirienne entre dans Man

Abidjan — Des éléments de l'armée gouvernementale ivoirienne sont entrés hier soir dans la ville de Man (ouest de la Côte d'Ivoire), sous contrôle rebelle depuis jeudi, où les militaires français ont achevé une opération d'évacuation d'étrangers marquée par des combats meurtriers avec les rebelles.

Les troupes françaises ont évacué dans la nuit de samedi à dimanche quelque 160 Français et étrangers depuis l'aéroport de Man et quitté les lieux hier.

L'évacuation a été marquée par les premiers affrontements meurtriers entre militaires français et rebelles opposés au régime du président Laurent Gbagbo.

Ces combats ont fait une dizaine de morts chez les rebelles et un blessé français, le premier depuis le début du déploiement militaire français en Côte d'Ivoire le 22 septembre dans le cadre de l'opération Licorne. Les jours du soldat français blessé d'une balle dans le dos et qui a été évacué sur Abidjan ne sont pas en danger.

Des échanges de tirs autour de l'aéroport de Man, principale ville de l'ouest de la Côte d'Ivoire, se sont produits samedi, mais les heurts avaient commencé dès vendredi lors de la préparation de l'évacuation.

Attaqués à Bangolo (50 km au sud de Man), probablement par des combattants du Mouvement pour la justice et la paix (MJP), un groupe rebelle inconnu jusqu'alors, des soldats français avaient alors riposté. C'est la première fois que l'armée française a annoncé avoir fait des morts dans les rangs rebelles lors d'échanges de tirs.

Ces incidents violents n'ont pas empêché l'armée française de mener à bien l'évacuation vers Abidjan de 160 personnes, dont 40 Français, 60 Libanais et une vingtaine d'Africains, bi-nationaux et burkinabè, à bord de deux avions Transall. Une fois l'opération terminée — la quatrième de ce type depuis l'arrivée des troupes françaises en Côte d'Ivoire — l'armée française s'est désengagée de l'aéroport hier matin. Peu après, des militaires ivoiriens prenaient position sur l'aéroport.