Réunion d'experts iraniens et américains sur l'Irak

Bagdad — Des responsables iraniens, américains et irakiens ont entamé hier à Bagdad des discussions pour tenter de faire baisser la violence en Irak dans la foulée de premiers contacts à haut niveau entre Iraniens et Américains en mai et juillet, a-t-on appris auprès d'un porte-parole américain.

La réunion se déroule dans le bureau du premier ministre Nouri al-Maliki, dans la zone verte ultrasécurisée qui abrite les bureaux du gouvernement et l'ambassade américaine, a expliqué ce porte-parole qui a demandé l'anonymat.

«Il s'agit d'une rencontre trilatérale... D'après ce que je sais, seule la question de sécurité sera évoquée», avait indiqué un autre porte-parole américain.

À Téhéran, l'agence de presse ISNA, citant l'ambassadeur iranien à Bagdad, Hassan Kazemi Qomi, avait indiqué de son côté que les discussions entre l'Iran et les États-Unis démarreraient dans la capitale irakienne hier matin.

M. Qomi a précisé à ISNA que les discussions porteraient sur la mise en oeuvre du comité de sécurité tripartite dont la création avait été annoncée le 24 juillet, et de la répartition des responsabilités au sein de ce comité.

Dimanche, le président irakien Jalal Talabani avait souhaité de son côté que les discussions soient productives, a indiqué son bureau.

Les ambassadeurs américain et iranien, Ryan Crocker et Hassan Kazemi Qomi, s'étaient réunis une première fois le 28 mai dans la capitale irakienne mais sans percée majeure.

Leur deuxième rencontre, le 24 juillet, n'avait pas non plus permis de progrès majeur mais avait abouti à la décision de créer le comité tripartite chargé de traiter du problème de la sécurité en Irak.

Ce comité vise à limiter les activités des milices, de lutter contre le réseau al-Qaïda et d'instaurer la sécurité aux frontières.

C'était la seconde fois que les deux pays, opposés par de nombreux contentieux, avaient des discussions à haut niveau depuis la rupture de leurs relations diplomatiques il y a 27 ans.

Les États-Unis accusent la République islamique de soutenir les milices chiites en Irak, ce que l'Iran réfute.

Les militaires américains en Irak accusent en particulier des groupes proches de l'Iran d'entraîner des militants extrémistes et de leur fournir des armes capables de transpercer les véhicules blindés américains.

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