Mousharraf déclare la guerre totale aux islamistes

Les contrôles sont plus nombreux dans le Waziristan-nord.
Photo: Agence Reuters Les contrôles sont plus nombreux dans le Waziristan-nord.

Islamabad — Le président du Pakistan, Pervez Moucharraf, a promis hier de livrer une guerre «frontale» aux fondamentalistes musulmans qui ont perpétré ces cinq derniers jours des attentats sanglants, sous la pression insistante de Washington qui lui reproche d'avoir laissé les talibans et al-Qaïda se renforcer dans les zones frontalières avec l'Afghanistan.

Le chef de l'État, également chef de l'armée, s'est cependant contenté d'annoncer l'envoi, avant la fin de l'année, de quelque 30 000 policiers et paramilitaires dans ces zones tribales, en renfort aux 80 000 à 90 000 soldats déjà présents. Mais il a exclu d'imposer l'état d'urgence ou de suspendre le processus électoral qui prévoit des législatives fin 2007 ou début 2008, comme la rumeur persistante le laissait entendre.

«Nous sommes dans un combat frontal direct [...], c'est désormais les modérés contre les extrémistes», a déclaré le chef de l'État. «Nous avons une bonne idée de qui est derrière tout cela. Nous devons nous attaquer à ceux qui organisent» ces attentats, a ajouté, sans plus de précision, le général Moucharraf, au pouvoir depuis un coup d'État sans effusion de sang en 1999.

Washington a multiplié ces derniers jours les déclarations pressant le Pakistan, l'un de ses alliés clés dans sa «guerre contre le terrorisme» islamiste, de lancer une offensive massive dans les zones tribales, où les Américains assurent que les talibans afghans et les combattants d'al-Qaïda ont reconstitué leurs forces, soutenus par des fondamentalistes pakistanais.

Ces derniers ont lancé ces cinq derniers jours une série d'attentats suicide et d'attaques contre les forces de sécurité pakistanaises dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, qui ont fait au moins 91 morts, principalement des soldats et des policiers. La dernière, hier, a coûté la vie à 17 soldats, pris en embuscade dans le Waziristan-Nord, l'une des provinces les plus infestées par les militants protalibans. Dans ces combats, les assaillants ont perdu également 17 hommes.

Ces attaques ont été perpétrées après que certains leaders fondamentalistes pakistanais, mais aussi le numéro 2 d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, eurent appelé à venger l'assaut meurtrier, il y a une semaine, de l'armée pakistanaise contre la Mosquée rouge d'Islamabad, où au moins 75 militants ont péri.

Mardi soir, un attentat suicide a tué au moins 17 personnes en plein coeur de la capitale pakistanaise, Islamabad, lors d'un meeting de l'opposition au général Moucharraf. Les autorités ont attribué rapidement le carnage aux fondamentalistes, mais une partie de l'opposition y voyait, hier dans la presse, la main des puissants services de renseignement pour justifier le maintien au pouvoir du général Moucharraf.

Jusqu'à maintenant, les États-Unis, mais aussi le gouvernement afghan, ont reproché au chef de l'État de ne pas lutter assez franchement contre les militants fondamentalistes dans son pays.