Afghanistan - Les talibans libèrent leurs trois otages afghans

Kandahar, Afghanistan — Les talibans ont annoncé hier la libération des trois Afghans qui avaient servi d'accompagnateurs aux Français Éric Damfreville et Céline Cordelier, de l'ONG française Terre d'Enfance.

Tous les cinq avaient été enlevés le 3 avril.

«Nous avons relâché les trois employés humanitaires sans demander d'argent ou passer quelque accord avec le gouvernement», a dit un porte-parole des talibans dans la province de Nimroz, dans le sud-ouest de l'Afghanistan.

Les trois Afghans, Hashim, Rasul et Azrat, ont été libérés samedi et remis à des anciens d'une tribu de la province de Nimroz, a-t-il précisé.

Les Français Céline Cordelier et Éric Damfreville ont quant à eux été libérés respectivement les 28 avril et 11 mai.

Mohammad Daud Askaryar, chef de la police de Nimroz, a dit avoir reçu des rapports des services de renseignement selon lesquels les trois hommes ont bien été remis en liberté.

Le président français Nicolas Sarkozy s'est réjoui dans un communiqué de la libération des trois hommes et «remercie tous ceux qui ont oeuvré pour que les trois accompagnateurs afghans [...] retrouvent la liberté».

Le porte-parole présidentiel, David Martinon, a rappelé qu'«à l'occasion de la libération des deux otages français, Nicolas Sarkozy avait insisté sur le fait qu'il attachait un prix inestimable à la libération de leurs trois accompagnateurs afghans».

Paris salue la mobilisation des autorités afghanes

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fait part de sa «joie profonde» et a insisté sur le fait que les autorités françaises étaient restées «mobilisées» après la libération des deux otages français.

«Seule la libération de leurs compagnons afghans pouvait mettre un terme à ce douloureux épisode. Je salue cet heureux dénouement et je remercie tous ceux qui, par leur mobilisation, y ont contribué, en France comme en Afghanistan», ajoute Bernard Kouchner.

La libération des trois Afghans a été évoquée lors d'un entretien à Matignon entre le premier ministre, François Fillon, et Bernard Kouchner, venu également rendre compte de son déplacement au Liban.

«La diplomatie française s'était mobilisée aussi fortement pour les trois Afghans que pour les deux otages français. C'est notre conception des droits de l'homme, c'est notre conception de la défense du rôle de la France dans le monde», a souligné François Fillon dans une courte déclaration à l'issue de l'entretien, qui a duré une heure.

«Je voudrais remercier la diplomatie française, l'ambassade, les services afghans qui ont été remarquables dans cette mobilisation», a-t-il ajouté.

Bernard Kouchner a également insisté sur la mobilisation des autorités afghanes.

«Les autorités afghanes, au milieu des grandes difficultés qu'elles traversent, ont été tout à fait décisives et nos services diligents», a-t-il dit. «L'intervention française a compté, mais je souligne que les autorités afghanes et M. [Hamid] Karzaï lui-même ont été tout à fait efficaces.»

À la question de savoir si une rançon avait été versée aux ravisseurs, le ministre des Affaires étrangères a répondu: «Je n'ai pas dit cela ni le contraire.»