Le Kremlin justifie la répression policière des anti-Poutine

Le leader de l’opposition russe, Ekho Moskvy, lors d’une conférence de presse hier.
Photo: Agence Reuters Le leader de l’opposition russe, Ekho Moskvy, lors d’une conférence de presse hier.

Moscou — Les interventions de la police russe au cours du week-end contre des rassemblements de l'opposition ont été critiquées hier par l'Union européenne et les États-Unis. Le Kremlin a tenté de justifier les méthodes des forces de sécurité, soulignant qu'il s'agissait d'empêcher des «ultraradicaux» d'enfreindre la loi et de nuire à l'ordre public.

«En prenant en compte les opérations menées précédemment par ces ultraradicaux, le principal objectif de la police était de garantir le respect de la loi et de l'ordre lors de ces événements», a dit le porte-parole adjoint de la présidence russe.

«Les participants de ces rassemblements n'ont pas toujours respecté les paramètres fixés dans le cadre de l'autorisation [de ces rassemblements]. C'est pourquoi la police a pris ces mesures», a ajouté Dmitri Peskov.

Mais l'Allemagne, qui assure la présidence tournante de l'Union européenne, a qualifié d'«inacceptable» la répression policière à l'encontre des manifestants de Moscou et Saint-Pétersbourg. Les États-Unis ont exprimé eux leur «profonde inquiétude» devant «un recours à la force excessif».

La Fédération internationale d'Helsinki pour les droits de l'homme a déploré pour sa part «une répression accrue contre les forces de l'opposition en Russie à l'approche des élections parlementaires de fin 2007 et présidentielle de début 2008».

Plusieurs centaines de manifestants, dont l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, reconverti dans la politique, ont été arrêtés samedi à Moscou alors qu'ils défilaient près du Kremlin. Plusieurs journalistes, dont des reporters de la télévision allemande, ont également été interpellés.

Dimanche, la police anti-émeute a brutalement dispersé une manifestation similaire dans le centre de Saint-Pétersbourg.

Mikhaïl Kassianov, ancien premier ministre et figure de l'Autre Russie, mouvement auquel appartient également Kasparov, a promis que la lutte contre le «régime immoral» se poursuivrait.

«Naturellement, de nouvelles "marches des mécontents" suivront en guise de protestation», a-t-il annoncé au micro de la radio indépendante Écho de Moscou.

Des néo-bolchéviques aux libéraux, le mouvement Autre Russie réunit un très large spectre des forces politiques hostiles au président Vladimir Poutine.