Les partis d'opposition russes défient Poutine

Moscou — L'opposition russe appelle ses troupes à la mobilisation aujourd'hui à Moscou, malgré l'interdiction de manifester sur une place au centre de la capitale et des pressions de dernière minute contre ses leaders.

L'Autre Russie, qui fédère des opposants comme l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov et l'ancien premier ministre russe Mikhaïl Kassianov, organise une «marche du désaccord» contre la politique du président Vladimir Poutine et compte rassembler de 5000 à 7000 personnes à 12h sur la célèbre place Pouchkine, à un kilomètre du Kremlin.

Les autorités, qui encadrent strictement les manifestations de l'opposition, lui ont interdit de se réunir à cet endroit et de défiler dans la rue et n'ont autorisé qu'un rassemblement place Tourguenev, bien moins adaptée à ce genre d'événement.

Le mouvement de jeunes pro-Kremlin Molodaïa Gvardia a été autorisé à manifester à la même heure place Pouchkine, parce qu'il en a fait la demande le premier, selon les autorités, parce qu'il faut contrer «la marche du désaccord» selon l'opposition. «Le pouvoir essaie de nous retirer le droit de protester en faisant fi des lois et de la Constitution de Russie [...] Il peut aussi essayer de susciter des provocations pour justifier le recours grossier à la force», a affirmé Garry Kasparov sur la radio Écho de Moscou.

Les autorités ont aussi multiplié les pressions à la veille de la manifestation. Garry Kasparov, Mikhaïl Kassianov et Edouard Limonov, chef du Parti national-bolchevique (extrême gauche), ont reçu une lettre du Parquet les mettant en garde contre «l'organisation ou la participation à une manifestation illégale», après celle du 3 mars à Saint-Pétersbourg.

«Jeudi, on m'a appelé de la part du Parquet pour me convoquer d'urgence. J'ai répondu que, s'ils voulaient me voir, ils n'avaient qu'à venir me chercher. Un représentant du Parquet est venu au café où je me trouvais et m'a remis un avertissement, a déclaré M. Limonov. En tant que particulier, j'ai le droit d'aller où je veux [...]. Samedi, je serai à midi place Pouchkine.»

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